GRANDEUR ET DECADENCE D'UN PETIT COMMERCE DE CINEMA

À partir de 9.99 €
Léaud en cinéaste et Mocky en producteur, entre autres, défendent avec jubilation la saine colère de Godard
Policier / Suspense - 2017 - Suisse|France - 92 MIN - VF - HD - Tous publics
Le metteur en scène Gaspard Bazin prépare un nouveau long métrage. Pour l'heure, il en est encore au casting et au montage financier. Il fait appel à Jean Almereyda, un producteur autrefois à la mode, mais aujourd'hui au creux de la vague et dont la femme rêve de devenir une vedette du cinéma...

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Les avis sur Sens Critique
Laurent Delmas
Laurent Delmas
CHRONIQUEUR

C’est un film de Jean-Luc Godard et c’est aussi un film de télévision. En 1986, juste avant d’être privatisée TF1 diffusait Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma  un samedi soir et à 20h30, s’il vous plait ! C’est un temps désormais révolu tout autant que paradoxal, puisque le petit écran se permettait encore une telle programmation iconoclaste, tandis que Godard lui-même prophétisait la mort du cinéma à l’unisson des écrits du critique Serge Daney. Désormais, ce téléfilm fait partie intégrante de l’Œuvre de Jean-Luc Godard.

Reprenant avec malice les codes et les poncifs du polar, le cinéaste filme en huis clos l’effondrement progressif et programmé d’une modeste société de production cinématographique.  Il montre avec jubilation cette ruche bourdonnante appelée à disparaître où se croisent secrétaire et comptable, producteur et cinéaste, acteurs et techniciens. Souvent dans leur propre rôle, à l’instar d’une jeune chef-opératrice nommée Caroline Champetier encore à l’aube d’une carrière qui s’avérera brillante.  Le rôle forcément tutélaire et référencé du réalisateur échoit à Jean-Pierre Léaud, dépositaire iconique de l’esprit de la Nouvelle Vague, tandis que c’est à Jean-Pierre Mocky que revient le lourd privilège d’incarner le producteur forcément un peu filou.

Comme à son habitude, Godard multiplie les citations sur le cinéma mais pas seulement. De la même manière, il fait se côtoyer les musiques austères et minimalistes du compositeur Lituanien Arvo Pärt avec les chansons tonitruantes de Janis Joplin. Ralentis, gros plans, images et mots répétés, visages connus ou inconnus, Godard fait feu de tout bois pour évoquer ce cinéma qu’il aime autant qu’il ne cesse le remettre en cause. Avec ce Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma, il poursuit sa longue réflexion sur un Art qu’il pense à son crépuscule.

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Jean-Pierre Léaud

Le film réalisé en 2016 Jacques Richard et qui met notamment en scène Bernard Menez porte sur le milieu du cinéma un regard tout à la fois tendre et ironique.

Jean-Luc Godard

Le titre intégral du film de Godard est : "Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma révélées par recherche des acteurs dans un film de télévision publique d'après un vieux roman de James Hadley Chase". Auteur également adapté dans le film de Robert Aldrich en 1971

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