Bande Annonce de INSOUPÇONNABLEDécouvrez la bande Annonce de INSOUPÇONNABLE sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/2130/fond/2130_w_500.jpg
Gabriel Le Bomin
Charles BerlingGregori DerangèreLaura SmetMarc-André GrondinDominique Favre-BulleDominique ReymondFrancis PerrinGabriele BazzichiFanny PelichetGaspard BoeschPère David Gréa

INSOUPÇONNABLE

92 mn

Note de SensCritique :

4.2 / 10
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Réalisateur : Gabriel Le Bomin.

Casting : Charles Berling, Gregori Derangère, Laura Smet, Marc-André Grondin, Dominique Favre-Bulle, Dominique Reymond, Francis Perrin, Gabriele Bazzichi, Fanny Pelichet, Gaspard Boesch. Père David Gréa

Synopsis : Veuf de fraîche date, Henri retrouve le goût de vivre quand il rencontre, puis épouse Lise. Celle-ci ne se sépare pas de Sam, qu’elle présente comme étant son frère. En réalité les deux jeunes gens sont amants et leur but est bel et bien d’éliminer Henri, commissaire priseur dont la fortune est considérable. Mais c’est compter sans Edouard, le frère d’Henri, qui lui voue une haine aussi tenace que secrète, et sans la capacité d’Henri de se tirer des pires pièges.

Scénario : Gabriel Le Bomin, Olivier Gorce.
Musique : Fabian Römer.
Pays : France | Suisse
Tags : Policier / Suspense, Tirés de ..., Drame, Plus noir que blanc, Elles n'ont pas froid aux yeux, Des femmes fatales, Des arnaqueurs.

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Insoupçonnable est le deuxième long métrage de Gabriel Le Bomin, adapté du deuxième roman de Tanguy Viel. Un film noir et un roman de la même couleur qui décrivent l’un et l’autre les affres de plusieurs passions amoureuses entrecroisées sur fond de manipulation. Le roman avait été un succès d’édition et la plume de son auteur avait reçu des louanges méritées, soulignant que son univers possédait d’évidentes qualités cinématographiques, D’une certaine manière et bien qu’il soit difficile de comparer des styles quand le premier est purement littéraire et que le second s’exprime dans le cadre du cinéma, c’est la même élégance parfois un peu précieuse qui se retrouve chez Viel et chez Le Bomin. Nous ne nous en plaindrons pas.

Thriller psychologique de belle facture, Insoupçonnable l’est assurément sur le plan esthétique, la froideur ambiante renvoyant à la noirceur des desseins des personnages, Et si l’action a déserté la côte Atlantique où se situait le roman, c’est pour la bonne cause. Genève est en effet un lieu d’argent et de pouvoir, des ingrédients indispensables pour mitonner un plat cinématographique des plus goûteux. La force du film est en l’occurrence de remettre au goût du jour un certain nombre de références d’un autre âge sans que cela ne paraisse tiré par les cheveux. Même s’il n’est pas totalement illégitime de penser que les rebondissements successifs dans la dernière partie du film sont peut-être un peu bourratifs pour les spectateurs les plus cartésiens. Mais comme le disait Godard à propos d’Hitchcock les ficelles quand elles sont grosses deviennent les colonnes d’un temple.

C’est donc dans le temple du film noir que le film nous invite à nous recueillir, devant ses figures obligatoires. A commencer par celle de la femme fatale, que Laura Smet endosse assez crânement et qu’elle rend crédible, oscillant entre calculs cyniques et élans passionnés. La référence à Hitchcock est évidente. Soupçons vient à l’esprit dans la scène finale quand la voiture dans laquelle se trouve les amoureux zigzague au bord du vide. Comme il est difficile de ne pas penser à Rebecca quand est évoquée la disparition tragique de la première épouse d’Henri, dont le souvenir reste entêtant. Ou encore Pas de printemps pour Marnie dès lors que l’on s’intéresse à la nature profonde et profondément perturbée de Lise. Sans oublier L’Ombre d’un doute ou Les Enchaînés, car ici aussi les apparences sont le plus souvent trompeuses. Etc, etc. Et puis Hitchcock a été l’un des premiers à adapter Boileau-Narcejac dans Sueurs froides. Or s’il est un film auquel Insoupçonnable fait penser c’est bien Les Diaboliques, mis en scène par Henri-Georges Clouzot à partir d’un roman du terrible tandem. Le film doit énormément à la photographie de Pierre Cottereau, avec lequel Le Bomin avait déjà travaillé pour Les Fragments d’Antonin. Les ambiances lumineuses participent de toute évidence à une certaine froideur toute helvétique mais qui peine à masquer ce qui se trame dans l’ombre.  Même quand cette froideur est niée ostensiblement, comme dans la boite de nuit où les sourires avenants des hôtesses ne sont que le reflet de la misère affective du monde et de l’hypocrite course à l’argent.

Au temps de la conscription obligatoire, beaucoup de futurs cinéastes français sont passés par le Service cinématographique des Armées quand ils ont été appelés sous les drapeaux. L’occasion était belle alors de disposer de matériel et d’apprendre les rudiments du métier. Gabriel Le Bomin est de ceux-là. C’est ainsi qu’il a eu accès à de nombreux documents d’archive de la grande guerre, de celle de 39-45, de l’Indochine, de l’Algérie… Formé au documentaire, à l’observation des êtres, sensible à leur souffrance, il se forge ainsi de solides convictions pacifistes que ses films pourront bientôt exprimer. Après quelques documentaires de commande, Le Puits se fait remarquer dans plusieurs festivals de courts métrages. Le film est effectivement remarquable, qui raconte la fraternisation de soldats allemands et français autour d’un puits situé au milieu des tranchées pendant la guerre de 1914. Il réalisera par la suite un autre court, situé pendant la dernière guerre celui-là, L’Occupant, exaltant avec finesse mais sans ambiguïté les vertus de la résistance. Mais sa grande œuvre c’est bien sûr Les Fragments d’Antonin, son premier long métrage, qui dépeint avec une grande sensibilité et une empathie de tous les instants les ravages psychologiques de la guerre des tranchées, reprenant au passage quelques images d’archives absolument terrifiantes. A la sortie de ce très beau film, le cinéaste est retourné à ses premières amours, signant quelques documentaires sur l’armée française pour la télévision.

Il ne faudrait pas pour autant le considérer comme monomaniaque. N’a-t-il pas déclaré qu’il s’intéressait au thriller avant même de mettre en scène Les Fragments d’Antonin et qu’il avait eu l’intention d’adapter le premier roman de Tanguy Viel, L’Absolue Perfection du crime. Le projet n’a pas abouti, mais il a attiré l’attention du cinéaste sur le romancier. Tant et si bien qu’il s’est naturellement intéressé à Insoupçonnable, dont les droits avaient été acquis par Marc de Bayser et Frank Le Witta. Les deux hommes sont devenus ses producteurs. Et Gabriel Le Bomin s’est lancé avec entrain dans l’aventure, revisitant comme on l’a vu le pays du thriller. C’est ainsi qu’il a conseillé à Marc-André Grondin de revoir Le Talentueux Monsieur Ripley, d’Anthony Minghella, d’après le très sulfureux roman de Patricia Highsmith. Un sommet pour ce qui est de la manipulation, de la dissimulation et de l’usurpation d’identité, des thèmes qui sont au cœur d’Insoupçonnable. L’hypocrisie bourgeoise et la corruption de toute chose par l’argent faisant également partie de la feuille de route, il n’est pas interdit d’invoquer le cinéma de Claude Chabrol. D’autant que c’est Laura Smet qui est ici l’objet de toutes les convoitises amoureuses et que sa place au centre de l’intrigue nous rappelle qu’elle était déjà des plus dangereuses derrière son sourire de sphinx dans La Demoiselle d’honneur. Il n’est sans doute pas nécessaire de rappeler que cette énigmatique demoiselle est la fille de Nathalie Baye et de Johnny Hallyday. Ce qui n’explique en rien son talent, qui est évident. Sauf à penser que celui-ci est génétique. Rappelons-nous que Laura, prénommée ainsi en hommage au superbe film noir de Preminger, a été récompensée dès ses débuts, dans Les Corps impatients de Xavier Giannoli, par le Prix Romy Schneider. Elle semble s’être régalée à tourner Insoupçonnable. Déclarant : « Le scénario m'offrait un terrain de jeu formidable, puisque je n'avais pas une seule Lise à interpréter mais trois : la jeune fille d'aujourd'hui, la call-girl et la Madame un peu bourgeoise qui, après son mariage avec le personnage de Charles Berling, devient plus sophistiquée. »

Insoupçonnable est sans doute un constat sordide sur le monde, il n’en est pas moins une ode à l’amour fou. Un amour d’autant plus fou que les deux amoureux se présentent comme étant frère et sœur. Même si ce n’est pas vrai, nous sommes immédiatement renvoyés à Cocteau et à ses Enfants terribles, dont le souvenir est profondément gravé dans nos mémoires adolescentes. On notera au passage que Charles Berling est d’autant plus à l’aise dans cet imbroglio sentimental qu’il est abonné aux trios amoureux, depuis le remake de Jules et Jim signé par Jeanne Labrune jusqu’au très corrosif et dérangeant Nettoyage à sec de Anne Fontaine, en passant par Love, etc. et quelques autres… Ce qui n’empêche pas cet acteur précieux, découvert par le grand public sous les traits du baron Ponceludon de Malavoy dans Ridicule, de Patrice Leconte, d’avoir les épaules suffisamment larges pour incarner des personnages historiques sans faillir ni trébucher. Pierre Curie dans Les Palmes de Monsieur Schultz. Mais aussi et surtout Jean Moulin dans le film de télévision d’Yves Boisset ou encore Badinter dans L’Abolition. On se dit que le comédien s’il n’est pas militant est tout du moins engagé. Et que ce n’est pas par hasard s’il prête sa voix aux commentaires de La Fin de la pauvreté, qui traite de l’injuste répartition de la richesse, Une vérité qui dérange, qui dénonce les ravages que l’Homme fait subir à la Terre ou encore En terre étrangère, qui s’émeut du sort réservé aux clandestins. Il est vrai qu’en matière de repères historiques, Marc-André Grondin, le remarquable comédien québequois qui prête ses traits à Sam et que l’on commence à voir régulièrement de ce coté-ci de l’Atlantique n’a rien à lui envier. Puisqu’il n’est autre que Régis Debray dans la seconde partie du biopic consacré à Che Guevara par Steven Soderbergh !

Un thriller sentimentale intéressant. Laura Smet joue bien avec Marc-André Grondin excellent qui joue très bien le mec totalement dépendant et perdu. Les retournements de situations à la fin du film sont très bien scénarisés. Le jeu d'acteur en général ne sublime pas ...

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7
Eorak
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