Bande Annonce de J'AI PAS SOMMEILDécouvrez la bande Annonce de J'AI PAS SOMMEIL sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/8386/fond/8386_w_500.jpg
Claire Denis
Alex DescasBéatrice DalleKatia GolubevaAntoine ChappeyCamille CourcetIrina GrjebinaLine RenaudPatrick GrandperretSophie SimonVincent DupontCatherine FrotDaniJacques Nolot

J'AI PAS SOMMEIL

107 mn

Note de SensCritique :

/ 10
voir la bande annonce

Réalisateur : Claire Denis.

Casting : Alex Descas, Béatrice Dalle, Katia Golubeva, Antoine Chappey, Camille Courcet, Irina Grjebina, Line Renaud, Patrick Grandperret, Sophie Simon, Vincent Dupont, Catherine Frot, Dani. Jacques Nolot

Synopsis : Une jeune Lithuanienne, Daïga débarque à Paris au volant de sa voiture. Sa tante Mina lui trouve une chambre dans un hôtel du Nord de Paris où logent divers personnages hauts en couleur, à l'image de la patronne, Ninon. Parmi eux, un couple homosexuel aux comportements troubles. En fait les deux hommes n'ont rien trouvé de mieux pour subvenir à leurs besoins que d'assassiner des vieilles dames du quartier. Mais une de leurs victimes en réchappe et donne leur signalement...

Scénario : Claire Denis, Jean-Pol Fargeau.
Musique : Jean-Louis Murat, John Pattison.
Tags : Drame.

Film pas encore disponible

J’ai pas sommeil fait partie de ces films qui nous intriguent, qui nous échappent avant de se laisser peu à peu cerner. Les personnages qui semblaient comme étrangers les uns aux autres trouvent alors des raisons de se lier et le film acquiert une cohérence d’autant plus remarquable qu’elle n’était pas évidente au départ, tant s’en faut.

Le personnage central est un assassin de la pire espèce. Mais le film de Claire Denis est tout sauf un polar. Ce qui intéresse la cinéaste, c’est de trouver une explication à son comportement, tout en brossant un tableau plus large, celui d’une humanité déboussolée, tentée par une marginalité etrême. Le film ne juge pas qui que ce soit, il se maintient à une certaine distance qui parfois se teinte d’empathie.

Un cinéaste classique aurait de toute évidence centré son propos sur l’étrange assassin. Mais Claire Denis ne fait pas partie de cette catégorie-là. Elle profite à l’inverse de l’occasion pour brosser le tableau d’un quartier, le XVIIIe arrondissement de Paris, qu’elle décrit comme un labyrinthe où vont se perdre ses personnages.

Le personnage de Camille, l’assassin, est clairement inspiré de Thierry Paulin, le monstre de Montmartre, un marginal d’origine antillaise à qui l’on attribue de vingt à trente assassinats entre 1984 et 1987. Il s’attaquait exclusivement aux vieilles dames, incapables de résister physiquement à ses assauts meurtriers, sa motivation restant exclusivement pécuniaire. Il faut dire que notre homme était homosexuel et qu’il avait un ami, ce dernier l’accompagnant régulièrement dans ses équipées sanguinaires. Paulin finit par se faire arrêter par la police, mais il ne fut jamais jugé, ayant passé l’arme à gauche avant le procès, pour cause de sida. Un destin, assurément.

Une grande partie de la séduction du film réside dans sa mise en scène, dans cette façon détournée d’aborder les personnages, en se rapprochant d’eux progressivement, par cercles concentriques. Tout en choisissant dans un premier temps de les isoler pour les rapprocher plus tard. Claire Denis se fait exploratrice, tant pour ce qui est du quartier où butinent les personnages, et évidemment l’hôtel où ils se croisent, que pour ce qui est du cerveau malade de l’assassin. La cinéaste ne livre d’ailleurs aucune explication à ses dérèglements. Elle choisit de ne pas faire de psychologie de bazar ou de surligner  les chevilles dramatiques de l’histoire. Pour mieux signifier un apparent détachement face à un monde sans doute brutal, de toute évidence opaque.

Elevée en Afrique, longtemps assistante de cinéastes à la personnalité forte, de Wim Wenders à Robert Enrico, en passant par Jim Jarmusch, Claire Denis nous livre un cinéma qui résiste aux courants dominants de la facilité. Elle excelle à signifier le non-dit, à flirter avec l’interdit. Ses films témoignent en tous cas d’une certaine fascination pour le corps qui dépasse largement une dimension simplement érotique. J’ai pas sommeil apporte sa pierre à l’édifice, en instillant le trouble quant à la sexualité de Camille. Une façon comme une autre de faire confiance à l’image sans avoir à en passer par les mots.

le contexte
A voir également
Affiche du film LA BEUZE

à partir de

2.99
-50%
pour les abonnés
 
Affiche du film TRUANDS

à partir de

2.99
-50%
pour les abonnés
 
Affiche du film WHITE MATERIAL

à partir de

2.99
-50%
pour les abonnés
 
FilmoTV vous recommande
Affiche du film COMME DES BETES

à partir de

4.99
 
Affiche du film THE WAVE

à partir de

4.99
-50%
pour les abonnés
 
Affiche du film DANS L OMBRE DE TEDDY RINER

à partir de

3.99
-50%
pour les abonnés
 
Affiche du film AMERICAN NIGHTMARE 3 : ELECTIONS

à partir de

4.99
 
Affiche du film INSAISISSABLES 2

à partir de

4.99
-50%
pour les abonnés
 
Affiche du film LA TORTUE ROUGE

à partir de

3.99
-50%
pour les abonnés