JOURS TRANQUILLES À CLICHY

À partir de 2.99 €
Pour les vautours du générique qui Chabrol dixit, font allusion à ses producteurs
Drame - 1990 - Allemagne | France - 125 MIN - VF - interdit aux moins de 12 ans
L'écrivain Henry Miller, au crépuscule de sa vie, revoit les moments de sa vie parisienne durant les années 20, quand, jeune artiste américain fraîchement débarqué en France, il menait une vie de dandy insouciant avec son ami Alfred. Allant de bars en hôtels et de cabarets en bordels, il multiplie alors les conquêts et les liaisons féminines sans jamais pourtant trouver l'amour...

Réalisé par

4.3 / 10
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Laurent Delmas
Laurent Delmas
CHRONIQUEUR

En 1987, pour son film Le Cri du hibou, Claude Chabrol fait une première infidélité à son producteur de l’époque, Marin Karmitz pour travailler avec le producteur italien Antonio Passalia. Il récidive deux ans plus tard en vue d’ adapter le roman d’Henry Miller, Jours tranquilles à Clichy.

Mais cette collaboration transalpine s’arrêtera après ce second film comme Chabrol lui-même s’en expliqua bien des années après, je cite : « Jours tranquilles à Clichy est un film que j’aime beaucoup, mais qui a eu des problèmes de production très graves, notamment avec les coproducteurs italiens, qui étaient des escrocs et des incapables. Nous avons tourné une partie du film en Italie et du coup nous avons quand même eu des décors de rues de Paris sans… trottoirs ! Ce n’était pas la faute du décorateur, qui a fait ce qu’il a pu, mais des coproducteurs qui ne donnaient pas de pognon. Le pauvre Antonio Passalia a dû porter le film à bout de bras. » Fin de citation.

A l’origine du film, il y la fascination de Chabrol pour les Américains qui vinrent s’installer à Paris dans les années 30. Fidèle à l’histoire que raconte Miller, Chabrol s’en éloigne assez fortement en adoptant un style plus proustien, selon ses propres termes, plus mélancolique et moins insouciant. Mais, il a conservé évidemment la tonalité fortement érotique de l’écrivain américain, ce qui dans son cinéma constitue une grande première.Refusant la tentation pornographique qui pouvait se justifier, le cinéaste décide de rester, selon lui, « à l’intérieur d’une espèce de bienséance » et de résumer avec sa verve habituelle cette forme de compromis : « Il y avait tous les éléments de la cochonnerie mais qui n’étaient jamais traduits. » A chacun de voir…

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Ce portrait de Modigliani se déroule comme "Jours tranquilles à Clichy" dans le Paris des années 20 en pleine ébullition artistique.

Claude Chabrol

Chabrol, comme Raoul Ruiz avec Proust, tente de faire renaître sur grand écran les ombres et les lumières du roman adapté.

MORTELLE RANDONNÉE

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