KAGEMUSHA, L'OMBRE DU GUERRIER
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Parce que pour son retour aprés 5 ans d'absence, Kurosawa raflait la Palme d'Or à Cannes
Drame - 1980 - Japon - 153 MIN - VF - Tous publics
En 1573, le Japon est le théâtre de guerres incessantes entre clans rivaux. Le plus puissant de ces clans est commandé par Shingen Takeda. Au cours du siège du château de Noda, Takeda est blessé à mort par un tireur embusqué. Pour éviter que son clan perde de sa cohésion dans des luttes intestines, Shingen demande que sa mort reste cachée pendant trois ans. Un ancien voleur, épargné pour sa ressemblance avec le seigneur de la guerre, fait alors office de doublure avec la complicité des généraux, afin de duper leurs nombreux ennemis à l'affût.

Réalisé par

7.9 / 10
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2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Guillemette Odicino

Guillemette Odicino

CHRONIQUEUR

La guerre et son absurdité, l’orgueil mauvais conseiller et la notion - fascinante - du double ou plus exactement de la doublure, de l’ombre (selon la traduction du mot "Kagemusha" qui en japonais signifie "l’ombre du guerrier") : il y a tout cela et bien plus encore dans cette fresque médiévale, vingt-huitième film du grand Akira Kurosawa, dont le film le plus connu, Les Sept Samouraïs, inspira et inspire encore les cinéastes du monde entier. Comment un pauvre hère, voleur de son état, va prendre la place d’un redouté chef de clan et se prendre au jeu des responsabilités et du pouvoir jusqu’à en devenir fou…

Rien que le prologue est un moment de cinéma exceptionnel où le maître japonais, avec un sens du cadre proche du théâtre, joue de la ressemblance des trois personnages, dont deux joués par le même acteur, pour introduire le doute dans nos esprits. Qui parle ? Qui est le miroir des autres ? L’idée qui motivera tout le film et autant de morts sur le champ de bataille est là : le pouvoir est un simulacre… Et puis il y a la beauté formelle, sidérante : chaque couleur, chaque plan filmé entre chien et loup, renforce le tragique de cette farce sanguinaire à la précision documentaire, avec la grande bataille finale en point d’orgue.  A la fin de l'ultime assaut, Kurosawa montre, jusqu'à l'insupportable, sa vision de la guerre : un enchevêtrement de corps humains disloqués et de chevaux agonisants filmé au ralenti, dans la lumière de l’aube, comme figés dans l’horreur. La bataille où la doublure, devenu chef, reste immobile comme un roc dans la tempête est aussi une des plus belles scènes où Kurosawa joue du mouvement et de la fixité. Et puis il y a cette séquence de rêve prémonitoire, véritable orgie de couleurs pop, où on pourrait croire que le personnage ou le cinéaste est sous LSD !

Vous craignez la durée du film ? Le cinéma japonais vous est peu familier ou vous intimide ? Vous n’allez pas voir le temps passer avec ces seigneurs de la guerre.  

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