Bande Annonce de L. 627Découvrez la bande Annonce de L. 627 sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/1243/fond/1243_w_500.jpg
Bertrand Tavernier
Charlotte KadyDidier BezaceLara GuiraoPhilippe TorretonCécile Garcia-FogelClaude BrossetJean Roger MiloJean-Paul ComartNils TavernierDidier CastelloFabrice RouxJean-Luc Abel

L. 627

140 mn

Note de SensCritique :

7.2 / 10
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Réalisateur : Bertrand Tavernier.

Casting : Charlotte Kady, Didier Bezace, Lara Guirao, Philippe Torreton, Cécile Garcia-Fogel, Claude Brosset, Jean Roger Milo, Jean-Paul Comart, Nils Tavernier, Didier Castello, Fabrice Roux. Jean-Luc Abel

Synopsis : Dans la police depuis treize ans, Lucien Marguet, dit Lulu, est muté dans un commissariat de quartier. Il est intégré à un groupe spécialisé dans les stupéfiants. Il fait la connaissance de ses collègues, avec lesquels jour et nuit il traque les trafiquants. Mais le travail est difficile : les moyens dont le groupe dispose sont dérisoires, les pesanteurs de l’administration parfois très fortes. Et il n’est pas interdit d’avoir un peu de commisération ou d’empathie à l’égard des laissés pour compte d’une société vraiment trop dure. Lulu s’est lié avec l’une de ses indics, toxicomane et prostituée. Il lui faut une énergie farouche et une haute idée de sa mission pour parvenir à concilier toutes les contraintes…

Scénario : Bertrand Tavernier, Michael Alexander.
Musique : Philippe Sarde.
Pays : France
Tags : Drame, Bertrand Tavernier, Une ville : Paris, Policiers français, Des films engagés, Dans les villes, Policier / Suspense.

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Sa forte personnalité, son verbe haut peuvent parfois laisser croire que Bertrand Tavernier est taillé d’un seul bloc, puissance tutélaire d’un cinéma français en friche. Mais le cinéaste est tout sauf manichéen, obsédé par une forme, par un genre. Son œuvre est au contraire des plus éclectiques, passant de la fresque historique au tableau intimiste, du documentaire au pamphlet.

L.627 est un film à part dans sa filmographie. Le titre fait référence à l'article du code pénal sur les stupéfiants, qui réglemente la garde à vue des toxicomanes. C’est peu dire que L.627 nous fait visiter les bas-fonds de la détresse, l’enfer des trafics en tous genres, des squats et des rues mal famées. Nous suivons quelques paumés dans leur quête d’un peu de fric, d’un peu de poudre, d’un peu de quiétude. Mais nous les suivons de loin, parce que ce sont les flics qui nous intéressent ici. Tavernier porte en fait un regard très documentaire, très documenté sur la façon dont fonctionne la police en ce début des années 90. Avec générosité ou petitesse, avec conscience ou désinvolture, mais toujours avec un manque patent de moyens. D’où certaines scènes tragi-comiques qui montrent que la police est AUSSI un corps administratif. On a beau traquer des criminels, après l’heure ce n’est pas toujours l’heure…

Le film, long de près de deux heures et demie, égrène le quotidien d’une brigade des stups comme si nous y étions. Il est vrai que Tavernier a pris soin d’imprimer à son film une souplesse qui n’est pas de mise lorsqu’il se coltine avec la grande Histoire, comme dans Que la fête commence ou La Vie et rien d’autre. Les comédiens ne sont pas des stars, ils se perdent d’autant mieux dans le paysage. Le cinéaste les a d’ailleurs mêlés à d’authentiques quidams, à des dealers ou a des toxicos sans que l’on puisse distinguer le bon grain de l’ivraie. Mais ce naturalisme n’empêche en rien de  laisser apparaître en filigrane une revendication. Pour une société plus juste, plus humaine, plus solidaire. Et pour une police qui pourrait travailler dans des conditions matérielles dignes de ce nom…

Une telle sensation de vécu laisse pantois. Mais la raison pour laquelle Tavernier se sent comme chez lui dans un commissariat est simple : le cinéaste s’est adjoint un scénariste qui se nomme Michel Alexandre. Un flic qu’il a connu par l’entremise de son fils Nils, qui interprète d’ailleurs l’un des flics de la brigade. Au moment de L.627, Michel Alexandre appartient encore à la police, et ce qu’il dévoile n’aura  pas vraiment l’heur de plaire à sa hiérarchie. Il quittera l’auguste maison, pour se consacrer à temps plein à l’écriture. Ses premiers scénarios, Le Cousin, pour Alain Corneau, et Les Voleurs, pour André Téchiné, feront essentiellement appel à sa connaissance des us et coutumes des commissariats. Avant de se diversifier, de réaliser un ou deux courts métrages ou d’organiser un festival du cinéma policier… à New York.

Le témoignage de Michel Alexandre est précieux à Tavernier qui ne voulait pas que L.627 puisse ressembler à ces séries policières produites pour le petit écran et dont l’enracinement dans le réel est proche de zéro. Il ne voulait pas non plus s’inscrire dans une sorte de mythologie noire telle qu’elle a pu être portée par certains cinéastes américains (que Tavernier admire, mais ce n’est pas le propos) ou par un Jean-Pierre Melville par chez nous. Le code de l’honneur tel qu’il est magnifié dans les films de Melville était sans doute déjà un peu dépassé lorsque celui-ci tournait Le Deuxième Souffle. Alors aujourd’hui… Certains ont reproché à L.627 d’être un peu répétitif, mais c’est justement le sujet. Le travail de policier, c’est beaucoup de paperasse. Et beaucoup d’attente. Lorsqu’il faut passer un jour entier, une nuit entière à guetter les dealers, à l’intérieur d’une camionnette avec des vitres sans tain - qu’on appelle un sous-marin! En fait, loin de nous sembler rébarbatives toutes ces scènes puisées dans la mémoire de Michel Alexandre nous procurent un plaisir certain. L.627 n’est pas un film figé dont le destin aurait tracé toutes les lignes et dont l’agencement dramatique serait comme fixé par des règles immuables. C’est au contraire un film vivant, généreux, parfois foutraque, à l’image de la remuante tribu aux pas de laquelle il s’attache. Aucune scène n’est écrite à l’avance (enfin, c’est une image, il est clair que le scénario est d’une grande précision), et de ce fait nous sommes surpris en permanence. Les genres se mélangent, comme dans la vie, et nous passons sans coup férir du burlesque au sordide. Et vice-versa. Cette nécessité d’enracinement dans le réel, cette empathie pour ceux qui se heurtent à une société assez peu généreuse avec ses exclus, le cinéaste les retrouvera pour l’un de ses films suivants, Ca commence aujourd’hui, qui se penche sur une classe de la communale dans un quartier en perdition de Lille.

Un dernier mot pour les comédiens. Tous les rôles, et ils sont nombreux, ont été attribués avec soin. Une mention spéciale pour Didier Bezace, qui jusque là avait été plus applaudi pour ses mises en scène au théâtre que pour ses rôles au cinéma (à la TV, si on a pu le voir récemment dans Adieu De Gaulle sous les traits de Pompidou…) ; pour Charlotte Kady, dont la gaieté et le charme n’empêchent en rien d’être crédible dans un rôle d’autorité ; ou pour Jean-Roger Milo, que Tavernier a sorti de ses rôles de brute épaisse pour un faire un flic un peu paresseux… mais au final un peu brutal. Ses partenaires, surtout quand ils incarnaient des dealers, ont pu s’en rendre compte. Mais comme chacun sait la marge est parfois étroite entre réalité et fiction.

L 627 est un film de Bertrand Tavernier qu'il a coécrit avec Michel Alexandre, ancien flic et qui a collaboré par la suite avec André Téchiné pour Les Voleurs et Le Cousin de Alain Corneau. Ce film raconte le quotidien d'une brigade des stupéfiants à Paris. Ce qui frappe, ...

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