L'ALBATROS

Disponible dans le Pass Illimité
Pour un film - deuxième volet d'une trilogie - qui associe Baudelaire et le noir américain
Drame - 1971 - France - 89 MIN - VF - Tous publics
Stef Tassel tue accidentellement un policier en tentant de se défendre au cours d'une manifestation politique. Il est jeté en prison mais s'évade bientôt. Traqué, il enlève une jeune femme et la prend en otage afin de parvenir à s'échapper. Sa captive n'est autre que Paula, la fille du président Cavalier alors en  période de campagne électorale pour les prochaines élections. De tendres sentiments vont naître entre les deux compagnons d'infortune, tandis que d'obscures manipulations se fomentent entre Cavalier et son adversaire le conseiller Grimm.

Réalisé par

5 / 10
1MNavant
2MNaprès
Sylvain Angiboust
Sylvain Angiboust
CHRONIQUEUR

Comme dans Solo, qu’il avait réalisé, deux ans plus tôt, en 1969, Jean-Pierre Mocky joue dans son film L’Albatros, un héros viril, pourchassé par la police, qui doit recourir à la violence pour protéger sa cavale. L’allusion à L’Albatros, le poème de Baudelaire n’est pas un hasard. Elle renvoie au romantisme du protagoniste, qui illumine l’anthologique finale, que je me garderai de raconter à ceux qui ne l’ont encore jamais vu, mais qui est resté parmi les séquences les plus marquantes du cinéma français des années soixante-dix.

La réussite de L’Albatros tient à l’équilibre entre ce fond de romantisme et l’esprit satirique de Mocky qui tire à boulets rouges sur les politiciens corrompus. C’est d’ailleurs l’envie d’évoquer l’ambiance et les coups bas d’une campagne électorale, dans une petite ville de province, sujet alors peu traité dans le cinéma français, qui a décidé le cinéaste à faire le film. Des rixes entre colleurs d’affiche sous l’œil complaisant des policiers aux chantages et manipulations de la presse, rien n’y personne n’échappe au jeu de massacre.
Pour écrire avec lui le scénario, Mocky a fait appel à Claude Veillot, un des auteurs fétiches d’Yves Boisset.

Veillot venait de collaborer avec Boisset sur l’explosif Un condé, et devait enchaîner sur d’autres brûlots de ce réalisateur comme RAS et Le Juge Fayard dit le Shériff. A également travaillé comme scénariste sur L’Albatros, Raphael Delpard qui devait retrouver Mocky sur la comédie Chut, avant de se recentrer sur ses propres films. Mocky a dédié L’Albatros « à son ami Bourvil », qui venait de mourir. Acteur de plusieurs de ses films depuis Un drôle de paroissien, il aurait dû jouer aussi dans L’Albatros.

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