L'APPâT

À partir de 2.99 €
Guerre / Western - 1953 - Etats-Unis - 91 MIN - VM - Tous publics

Howard Kemp, ancien fermier, traque le brigand Ben Vandergroat jusqu’au Kansas. Sur sa route, il fait successivement alliance avec Jesse, chercheur d’or vieillissant et Roy, ancien soldat chassé de l’armée pour son caractère instable. Ensemble, les trois hommes tendent un piège à Ben, qui voyage en compagnie de Lina Patch, une jeune orpheline avec laquelle il compte s’installer en Californie. Lorsque Jesse et Roy apprennent de la bouche même de Ben que la récompense pour sa tête est de 5000 dollars, ils décident de mener la mission jusqu’au bout et de prendre leur part. Or Howard est devenu chasseur de prime pour racheter sa propriété : la zizanie s’insinue, fortement alimentée par Ben qui manipule tout le monde, y compris Lina.

Réalisé par

7.2 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

En 1953, L’Appât est un western qui fait date. Juste à côté de John Ford et Delmer Daves, Anthony Mann est un des grands réalisateurs américains qui ont contribué à révolutionner le genre. L’histoire est somme toute classique : un chasseur de prime fait alliance avec deux hommes de rencontre pour en attraper un quatrième, voyageant en compagnie d’une jeune femme. Mais, pour Anthony Mann, la légende de l’Ouest a fait long feu et la célébration de l’héroïsme du cow-boy solitaire et sans tache aussi.
Howard Kemp, qu’interprète James Stewart, est un personnage aussi ambigu que le meurtrier qu’il poursuit et dont la tête est mise à prix, ou le soldat chassé de l’armée dont on devine qu’il a commis des atrocités, ou le vieux chercheur d’or lessivé. Chacun de ces trois hommes est une entité bien identifiée dans le paysage cinématographique d’alors, et le personnage de James Stewart, à lui tout seul, en endosse trois autres : fermier de son état, il se prétend Marshall (le shérif est le grand absent ici, et pour cause, puisque la loi n’existe pas, elle est à qui décide de l’appliquer), mais est devenu un vulgaire chasseur de prime. Tous ces archétypes mis bout à bout représentent le vrai visage de l’Amérique et, à ce titre, la brève scène de bataille d’Indiens est d’une force rarement égalée et en quelques plans, nous comprenons la position de chacun vis à vis d’eux.
L’ Amérique que montre Anthony Mann est celle qui s’est bâtie en prônant la loi du plus fort, celle où tout le monde triche, où personne n’a confiance en personne, où un homme (fût-il un meurtrier) peut être traqué comme une bête, et vendu comme une marchandise.
Ce groupe d’hommes ne serait pas au complet s’il n’y avait une femme. Lina Patch est une adulte qui a conservé une part d’enfance, une fille qui a des allures de garçons, une femme moderne qui en est encore à suivre un homme par reconnaissance et non par amour. Mais, comme les paysages, grandioses, imposants, elle porte en elle une pureté ontologique et salvatrice. Lina, c’est Janet Leigh, qui trouve ici son premier rôle grave après des comédies musicales (Ma vie est une chanson, Les coulisses de Broadway) et des films en costume (Les Quatre filles du Docteur March, Scaramouche). Et avant deux œuvres majeures de sa carrière et de l’histoire du cinéma : La Soif du mal d’Orson Welles (1958) et Psychose d’Alfred Hitchcock (1960).

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