LA FRANCE

2007
98 mn
Ce film n’est plus disponible

2007
98 mn
Parce que le film s'est tourné en lumière naturelle et sur pellicule

A Verneuil, Camille attend des nouvelles de François, parti à la guerre. Une missive différente des autres lui parvient : c’est une lettre de rupture datée du 15 mai 1917. Camille se coupe les cheveux et s’habille en homme, elle part vers le front avec son courage en bandoulière.
Elle rencontre une troupe de soldats du 80e régiment menés par le Lieutenant Paulhan et se joint...

Ce film n’est plus disponible
Aventure / Action
France
Tous publics

1 min avant
2 min après
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Frère de la chef-opératrice Céline Bozon qui éclaire ses films depuis son deuxième long métrage, Serge Bozon a pour scénariste attitrée sa compagne Axelle Ropert, par ailleurs réalisatrice, notamment de La Famille Wohlberg. Avec La France, présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2007 et couronné la même année du Prix Jean Vigo, ils s’attaquent, après des films contemporains un peu «dandys», L’Amitié et Mods, à un genre très codifié : le film de guerre.

Situé à l’automne 1917, La France raconte le périple d’une jeune femme, Camille, qui s’habille en homme pour aller rejoindre au front son mari, dont elle a reçu une lettre de rupture inexplicable. Elle rencontre des soldats et se joint à eux, sans révéler sa véritable identité (son prénom étant aussi féminin que masculin), revêtant bientôt, elle aussi, l’uniforme bleu, et traversant avec eux le pays, où l’horreur et les échos de la guerre se rapprochent de plus en plus. Le film  démarre de façon réaliste, mais très vite on découvre qu’il s’agit d’une fable : ce n’est pas tant l’irruption soudaine des chansons, accompagnées d’une musique façon pop des années 1960 jouée sur des instruments de fortune, mais plutôt l’errance fantomatique de tous ces personnages dont on peut, à raison, se demander s’ils ont morts ou vivants, qui évoque l’irréalisme.

La mise en scène joue à la fois sur un grain particulier de l’image, le ton compassé des comédiens, et la diversité des matières et des paysages  où l’on passe de bois brûlés, en grottes et rivière, de terrains friables en plaines enneigées…Les amours cinéphiliques de Serge Bozon sont nombreuses (Hawks, Fuller, Ford) et il dit s’être inspiré ici d’Un brave garçon de Boris Barnett, film de 1943, longtemps interdit et découvert dans les années 90 ; et aussi de Aventures en Birmanie de Raoul Walsh tourné en 1945. La France est une œuvre singulière et passionnante, comme hantée, qui propose une vision toute personnelle de la guerre, et du courage de vivre ou de mourir.

 
Dans le même genre vous pouvez trouver UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES DE JEAN-PIERRE JEUNET (2004) (C'est une autre tentative, française, de regarder la guerre d'une façon différente.) ou encore CHANTE TON BAC D’ABORD DE DAVID ANDRÉ (2014) (Un film original où les chansons font irruption au moment où on s’y attend le moins dans un genre qui, a priori, ne s'y prête pas : ici le documentaire.).