LA JURéE

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Le jeu du chat et de la soiuris entre la jeune femme et le tueur est fascinant
Policier / Suspense - 1996 - Etats-Unis - 116 MIN - Tous publics

Une jeune femme, qui élève seule un fils, est nommée jurée dans un procès où est jugé un ponte de la mafia. Elle accepte cette charge quand un inconnu lui révèle qu’il vient de kidnapper son fils et qu’elle devra faire acquitter l’accusé si elle veut le revoir. Il ne plaisante pas : pour lui faire peur, il assassine son ancien petit ami, puis sa meilleure amie. Mais la jeune femme fait front. Une fois le procès terminé, qui voit la relaxe du mafieux, elle se lance sur la piste du tueur…

Réalisé par

4.8 / 10
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Les avis surSens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Sans être aussi populaires au cinéma que les policiers ou les assassins, les jurés n’en titillent pas moins l’imagination des scénaristes. Car ils tiennent dans leurs mains le destin d’un homme, jugeant en leur âme et conscience de sa culpabilité ou de son innocence. Or ces hommes et ces femmes ne sont que des hommes et des femmes, justement, victimes de préjugés, souvent inaptes à oublier leur propre situation lorsqu’il s’agit de peser le pour et le contre au moment du verdict.  C’est ce qu’André Cayatte a su brillement mettre en lumière dans Justice est faite. Il faut dire que réalisateur avait été avocat avant de se lancer dans le cinéma. C’est également le thème central de Douze hommes en colère, le premier film de Sidney Lumet, dans lequel Henry Fonda, au départ le seul à douter de la culpabilité de celui qui se trouvait dans le box des accusés réussit à retourner patiemment les onze autres jurés qui pour des raisons diverses sont quant à eux certains d’avoir affaire à un coupable. Il arrive que dans certains cas les jurés soient soumis à de terribles cas de conscience. C’est le cas de Bernard Blier, 7ème juré dans le film de Georges Lautner auquel il donne son nom. Notre homme est en effet dans une situation cornélienne car il sait que le meurtrier n’est pas dans le box, puisque le responsable de la mort de la jeune femme étranglée n’est autre que lui-même.

Le cas de la jurée qui nous intéresse ici est tout aussi compliqué, puisqu’elle a pour tâche de convaincre ses co-jurés de prononcer un verdict clément, condition nécessaire à ce que son fils, qui est entre les mains d’un tueur, soit relâché. On s’en doute, La Jurée est davantage un thriller qu’une réflexion sur l’univers judiciaire. Ce qui n’a rien d’étonnant d’ailleurs, puisque le scénariste, Ted Tally avait été recruté à grands frais, un million de dollars, pour adapter le roman de
George Dawes Green. Un montant peu commun, mais Tally était encore auréolé  du triomphe du Silence des agneaux, dont il avait signé le script. Sans avancer que l’on puisse à coup sûr reconnaître sa patte, il faut bien admettre qu’il y a chez le professeur, tueur à gages subtil et effrayant de La Jurée, des airs d’Hannibal Lecter, psychopathe de légende s’il en est.

Même si La Jurée au final a davantage à voir avec d’autres films mieux ancrés dans le quotidien, comme cet Au-delà des lois, de Joel Schumacher, sorti sur les écrans quelques semaines plus tôt, dans lequel Sally Field entreprenait de se faire justice elle-même par amour pour son enfant défunt. Pour ne rien dire de Trial by jury, inédit en France, mais dont la trame est en tous points semblable à celle de l’œuvre dont il est ici question. On ne dressera pas la liste des films mettant en présence un tueur poisseux et psychotique et des innocents devant relever le défi s’ils veulent survivre. Remarquons néanmoins que La Main sur le berceau, de Curtis Hanson, Pacific Heights, de John Schlesinger ou encore Jeune femme partagerait appartement de Barbet Schroeder datent tous de la même période. Le thème est donc porteur autant que dans l’air du temps. En fait, si tous ces films jouent avec nos nerfs, c’est bien parce que les scénarios sont écrits sur le fil du rasoir et que les protagonistes jouent au chat et à la souris avec une certaine délectation. Ou même qu’ils se livrent à une partie d’échecs dont nous ne savons pas l’issue ni quelles sont les pièces qui seront sacrifiées.

Le contexte

Demi Moore

Brian Gibson

HARCÈLEMENT