LA JUSTE ROUTE

À partir de 9.99 €
Politique / Histoire - 2017 - Hongrie - 87 MIN - VO - HD - Tous publics

12 août 1945, 11 h : la radio crache ses informations sur la bombe américaine lancée sur Nagasaki. Le maire de ce petit village hongrois s’apprête à marier son fils en grande pompe. Des soldats russes patrouillent en jeep. Un vieillard et un jeune homme vêtus de noir descendent du train en gare, ils apportent deux caisses dont on ignore la contenance et qu’ils disposent sur une charrette qu’ils suivent à pied. Le chef de gare les devance à vélo pour aller prévenir le maire et les habitants : "les Juifs sont revenus". On ne sait exactement qui ils sont, s'ils ont un lien de famille avec "ceux" qui ont été arrêtés et emmenés les années précédentes ; on ne sait exactement ce qu’ils veulent, peut-être récupérer les maisons, les échoppes et les biens que certains villageois se sont attribués, dont le maire.

Réalisé par

6.7 / 10
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2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Présenté au Festival de Berlin en janvier 2017, La Juste Route, dont le titre original est 1945, est le sixième long métrage du Hongrois Ferenc Török né en 1971 à Budapest. Le film raconte, dans une petite ville sans nom, l’arrivée par le train de deux hommes mystérieux vêtus de noir - l’un vieux et portant chapeau, l’autre jeune et coiffé d’une casquette -, tous deux accompagnant deux lourdes caisses au contenu non révélé. Le chef de gare les devance à vélo pour aller avertir le maire et tous les villageois : « les Juifs sont de retour ». Des réactions diverses - colère, peur, culpabilité - agitent alors la petite communauté dont on comprend assez vite qu'elle d’horribles crimes à se reprocher, que ce soit en action, en parole ou par omission…

L’arrivée par le train d’étrangers aux motivations inconnues dans une ville est un ressort de western, comme dans Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann, Un homme est passé de John Sturges ou Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone. Il est ici utilisé avec une grande économie de moyens et beaucoup de pertinence. Ces deux hommes parlent peu, s’adressent au conducteur de la charrette et aux personnes qui les questionnent, ils sont paisibles et sans revendications, mais leur présence seule suffit à bousculer ce qui reste de consciences dans ce lieu replié sur lui-même…

La magnifique photographie en noir et blanc contrasté est signée Elemer Ragalyi, né en 1939, qui travailla avec ses compatriotes les réalisateurs hongrois Pal Sandor, Marta Meszaros et Istvan Szabo, ainsi qu’avec le Géorgien George Ovashvili pour le magnifique La Terre éphémère. La lumière aveuglante, les cadres extrêmement composés comme autant d’images arrêtées, contribuent à une beauté de tous les instants, aussi envoûtante que ce qui sourd des personnages et du contexte est terrible et glaçant.

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