LA PIRATE

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Parce que le frère de Jane Birkin, Andrew, y joue le mari de celle ci
Drame - 1984 - France - 84 MIN - VF - interdit aux moins de 12 ans
Alma est tiraillée entre deux amours, son mari Andrew et une belle intrigante, Carol. Entre les deux son coeur balance et se déchire. Elle décide sur un coup de tête de partir avec Carol. Mais Andrew suit les deux femmes, accompagné par un ami et une curieuse adolescente androgyne. Tout ce petit monde va se retrouver sur un bateau qui traverse la Manche. Les affrres de la passion vont y...

Réalisé par

5.2 / 10
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Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Quand sort La Pirate, en 1984, Jacques Doillon est en pleine possession de son art. C’est l’un des cinéastes les plus en vue du moment dont le public cinéphile attend les films avec impatience. Il compte six films à son actif : L'An 01, Les Doigts dans la tête, Un sac de billes, La Femme qui pleure, La DrôlesseLa Fille prodigue. Autant dire un sans-faute. Il tournera encore vingt longs métrages jusqu’en 2013, plus une poignée de films de télévision. Une superbe carrière, qui a connu, comment pourrait-il en être autrement, quelques coups de grisou et autres moments de doute. Mais l’œuvre est superbe, fière, homogène, éminemment personnelle.

Pour sa sortie, La Pirate n’a pas choisi la facilité. Le film est allé vaillamment à l’abordage du Festival de Cannes et a récolté quelques boulets tirés bord à bord qui ont bien failli couler l’esquif. On le sait, les vents mauvais qui parfois soufflent sur La Croisette sont les manifestations d’un microclimat qui peut être dommageable aux films qui rencontrent en l’occurrence leur premier public. Celui-ci se montra sévère, et il eut tort. Mais il faut dire que La Pirate n’est pas un film aisé, un film aimable comme aime à définir Doillon ses œuvres plus souriantes. Parce que l’amour que se portent les personnages est à son paroxysme et que nul n’en sort indemne.

Il ne faut pas s’en offusquer, pas même s’en étonner. Parce que la passion amoureuse fait partie de l’ADN des films de Doillon, qui n’a eu de cesse de tenter d’en démonter le mécanisme, de comprendre le vertige à la fois séduisant et effrayant qu’elle suscite. Truffaut l’avait compris, qui avait déclaré sa flamme au cinéaste, dont il aimait par ailleurs le regard porté à l’enfance. Dommage que sa disparition prématurée l’ait empêché de suivre le parcours du signataire du Mariage à trois. Un thème truffaldien entre tous.

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