LA PRIÈRE

Bientôt disponible
Le film révèle un nouveau talent dont on peut attendre beaucoup, celui d'Anthony Bajon
Drame - 2018 - France - 103 MIN - Tous publics
Thomas, 22 ans, a failli mourir d'une overdose. Pour enfin en finir avec la drogue, il est envoyé à la montagne, au sein d'une communauté dirigée par d'anciens toxicomanes. La prière et le travail doivent les aider à s'en sortir. La discipline étant trop dure, Thomas s'enfuit et rencontre Sybille...

Réalisé par

6.4 / 10
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Les avis surSens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Cédric Kahn ne se lasse pas de nous raconter des destins singuliers. Après Vie sauvage, qui nous attachait aux pas d’un homme ayant pris le maquis pour ne pas devoir rendre ses fils à son ex-compagne après leur divorce, La Prière s’intéresse aux efforts d’un ex-toxico pour se sortir de son addiction. Une démarche difficile, comme l’a montré au même moment Marie Garel-Weiss dans La fête est finie. Mais contrairement aux deux filles camées de ce film-là, l’ado de La Prière ne dérive pas à hue et à dia pour trouver le chemin de la rédemption.

Comme le titre du film le laisse supposer, c’est au sein d’une communauté religieuse qu’il cherche à rompre avec ses démons. Le premier atout du film, c’est la prestation d’Anthony Bajon, qui jamais ne semble jouer pour incarner cette force butée que l’on devine pleine de fissures. Qui évoque celle de Rod Paradot dans La Tête haute, d’Emmanuelle Bercot. Le comédien n’était au départ pas connu, et cela faisait partie du projet. Il recevra un Prix d’interprétation à Berlin.

Cette sensation de force intranquille qui émane du personnage, Kahn a visiblement voulu qu’elle imprime tout son film. Quand La Prière débute, nous sommes en tête à tête avec l’ado en crise, au moment où il arrive au centre. Nous ne le quitterons plus. D’abord peu désireux d’attirer l’empathie, le personnage va progressivement nous apprivoiser. Mais Cédric Kahn ne cherchera jamais à forcer le mouvement, conservant tout au long du film une distance. Le cinéaste n’étant ni croyant ni ex-toxico, il avait en tous cas toutes les raisons du monde de conserver un regard sans doute bienveillant mais résolument extérieur. 

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Le contexte

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