LA STRADA

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Pour le visage innocent de Gelsomina et celui chargé de larmes d'Anthony Quinn sur une plage déserte
Drame - 1955 - Italie - Tous publics

Zampano, rustre forain qui sillonne les routes en moto, tirant derrière lui une petite carriole, achète à une pauvre femme sa fille Gelsomina, silencieuse et attardée. Il lui apprend à jouer du tambour et de la trompette et, grimée en clown, elle l’assiste dans les petits villages où il s’arrête pour montrer son numéro de « briseur de chaines » et récolter quelques pièces. Mais, il la traite aussi comme une moins que rien, la malmène, s’enivre et la trompe à tour de bras. Ils croisent la route d’un cirque, et Gelsomina est fascinée par le « fou », funambule, musicien et poète, qui est le seul à tenir tête à Zampano.

Réalisé par

7.6 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Lion d’argent au Festival de Venise 1954, Oscar du meilleur film étranger pour 1956, l’année de sa sortie aux Etats-Unis, La Strada est le troisième long métrage signé par Federico Fellini seul, après Courrier du cœur (1952) et Les Vitelloni (1953), et celui qui le fait connaître mondialement.

Zampano est un hercule de foire, un briseur de chaînes, et Gelsomina, qu’il a achetée pour quelques lires à sa pauvre mère, est une jeune fille tendre et simple, une âme pure, qui l’aide à attirer les spectateurs en jouant du tambour ou de la trompette. Comme dans tout road movie qui se respecte, les deux personnages en croisent d’autres, le temps d’une halte : une fermière, les artistes d’un cirque, des nonnes… Le cœur du film, dans tous les sens du terme, c’est le personnage de Gelsomina, petite personne au sourire désarmant, que le « fou », le funambule du cirque, décrit comme une femme « à tête d’artichaut ».

Et Gelsomina, c’est la merveilleuse, l’incomparable Giulietta Masina. Née Giulia Ana Masina, le 22 février 1921 à San Giorgio Di Piano, elle grandit à Rome où elle contracte la passion du théâtre tout en étudiant la philosophie. C’est en 1942 qu’elle débute à la radio, en jouant des textes écrits par un scénariste de 22 ans, Federico Fellini. Elle l’épousera l’année suivante. Giulietta se produit sur les planches, en compagnie de Marcello Mastroianni, et c’est d’ailleurs elle qui présentera à son mari son futur acteur fétiche. Au cinéma, après avoir été figurante dans Paisa de Roberto Rossellini, elle débute en 1948 dans Sans pitié, sous la direction d’Alberto Lattuada, et travaille avec Rossellini ou Comencini, ainsi qu’à la télévision.

Mais sa carrière est surtout marquée par les sept films qu’elle tourne sous la direction de Fellini, et dont il déclarera qu’elle en fut non seulement l’interprète, mais l’inspiratrice. Outre Gelsomina, elle fut une extraordinaire Juliette dans Juliette des esprits et retrouva le personnage de Cabiria, la prostituée qu’elle avait créée dans Courrier du cœur, dans Les Nuits de Cabiria.

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Contexte

Présenté au Festival de Venise la même année que La Strada, ce film signé d’un des cinéastes du mouvement néoréaliste s’en éloigne, lui aussi.

Federico Fellini

L’histoire d’un être qui fait un long et lent chemin vers l’amour et la rédemption.

LES NUITS DE CABIRIA DE FEDERICO FELLINI (LE NOTTI DI CABIRIA, 1973)

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