LA VIE ET RIEN D'AUTRE (VERSION RESTAURÉE)

À partir de 2.99 €
C'est un monument d'intelligence et de sensibilité consacré à une période mal connue de notre histoire, les années qui ont immédiatement suivi la Grande guerre.
Drame - 1989 - France - 131 MIN - VF - HD - Tous publics
En 1920, le commandant Dellaplane dirige le bureau chargé d'identifier les grands blessés et les cadavres de la Grande Guerre. Sur le chantier de dégagement d'un convoi sanitaire pris sous un éboulement, il fait la connaissance de deux femmes : l'une cherche son mari, l'autre son fiancé...

Réalisé par

7.4 / 10
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Les avis surSens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

La guerre de 14 a beaucoup irrigué les écrans, principalement français et américains. Que les films aient été faits à chaud, sous la direction de Griffith ou d’Abel Gance, ou qu’ils aient bénéficié du regard des historiens, ils sont pour la plupart des plus critiques quant à la boucherie des tranchées, Kubrick, Losey, Boisset ou Jean-Loup Hubert ne mâchant pas leurs mots pour décrire le sanglant sacrifice de tout un continent. Mais La Vie et rien d’autre se déroule après la guerre. A l’instar des Fragments d’Antonin ou de Cessez-le-feu, le film nous décrit les ravages du conflit dans une nation qui panse patiemment ses plaies.

C’est en lisant un roman de Didier Daeninckx, La Der des ders, que Tavernier a pris conscience que la guerre n’avait pas produit que des morts et des blessés, mais qu’elle était comptable de quelque 300 000 disparus pour ne parler que des Français. Le cinéaste s’est demandé qui étaient ces disparus. Étaient-ils morts, ou errant le cerveau en friche ? La Vie et rien d’autre met ainsi en scène un officier dont la mission consiste à mettre un nom sur les corps retrouvés et un corps sur les noms dont on lui a donné la liste. Il se dit dreyfusard et visiblement se désole de cet incommensurable gâchis, refusant de participer au moindre emballement cocardier.

Pour brosser le portrait de cet officier, comme de celles qui ne se résignent pas à faire leur deuil d’un disparu qui s’obstine à le rester, Bertrand Tavernier a fait appel à un scénariste de grand talent, Jean Cosmos, avec qui il retravaillera par la suite sur d’autres films à teneur historique : La Fille de d'Artagnan, Capitaine Conan, Laissez-passer et La Princesse de Montpensier. Cosmos fait merveille pour marier poésie et sarcasme, humour et désolation. Notamment quand le film se met en tête de nous indiquer dans quelles conditions rocambolesques il a fallu choisir un mort anonyme pour l’installer sous l’Arc de triomphe au nom de tous les soldats morts pour la France.

Le contexte

Philippe Noiret

Il s'intéresse aux retombées de la guerre de 14 dans les esprits de ceux qui y ont participé comme de ceux qui ont subi les dommages collatéraux.

Bertrand Tavernier

C'est un autre film de Tavernier qui se déroule dans l'immédiat après-guerre de 14, où l'on voit que les chairs et les âmes sont meurtris.

COUP DE TORCHON

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