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Alexandre Medvekine
Elena EgorovaLidiya NenashevaPyotr ZinovyevMikhail Gipsi Taras PlatonovichNikolai TcherkassovViktor Kulakov

LE BONHEUR

63 mn

Note de SensCritique :

7.1 / 10
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Réalisateur : Alexandre Medvekine.

Casting : Elena Egorova, Lidiya Nenasheva, Pyotr Zinovyev, Mikhail Gipsi Taras Platonovich, Nikolai Tcherkassov. Viktor Kulakov

Synopsis : Khmyr est un paysan naïf qui recherche le bonheur dans la Russie alors tsariste. Il trouve un sac d’argent avec lequel il s’achète un cheval qui lui-même lui permet d’obtenir une  récolte abondante. Jusqu’à ce qu’il soit dépossédé de ses biens par un riche terrien, que la police l’accuse et le condamne à partir à la guerre. Survient la révolution d’octobre. Khmyr rejoint des  paysans qui se sont regroupés en ferme collective ou il finira par trouver le bonheur.

Scénario : Alexandre Medvekine.
Musique : Dimitri Chostakovitch.
Tags : Comédie, Cinéma soviétique, Portraits de groupe français, Vraiment seuls contre tous.

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Alexandre Medvedkine est un cinéaste qui n’a été découvert que  très tard, dans  les années 60/70 alors que sa carrière s’étale pour l’essentiel entre 1930 et la fin des années 40. En France, sa réputation est redevable au cinéaste Chris Marker qui en 1992, lui consacre un documentaire, le Tombeau d’Alexandre. Les deux hommes resteront d’ailleurs en contact permanent : Alexandre Medvedkine, né en 1900, disparaît en 1989, au moment de la perestroïka, sans avoir assisté  néanmoins ni à la  chute du mur, ni à l’explosion de l’URSS.

Le cas Medvekine se révèle particulièrement passionnant. Il montre aujourd’hui à quel point le cinéma soviétique demeure un terrain en friche  que l’on a pas fini d’examiner, tant chaque décennie  peut faire surgir de nouveaux cinéastes méconnus ou oubliés: Ainsi Medvedkine ne figurait même pas dans le dictionnaire de Georges Sadoul  publié dans les années 1960, alors que son auteur, historien communiste, connaissait très bien le cinéma soviétique et pour cause. Le fait que Medvedkine demeure ignoré d’un tel recensement, comme d’autres noms d’ailleurs que l’on redécouvrent encore aujourd’hui, nous rappelle que la compréhension du cinéma de ce pays demeure complexe. Alexandre Medvedkine, est avant tout associé à un destin tragique, d’autant plus que le cinéaste est  authentiquement stalinien,  qu’il  croit aux bienfaits du régime et à la politique de son leader. Et pourtant  Alexandre Medvekine est aussi une personnalité qui pour des raisons imprécises et floues, a eu le malheur de déplaire à Staline et à sa censure. Le Bonheur retrace le parcours de quelqu’un qui recherche le bonheur sans y parvenir, et  finalement le découvre dans une forme de collectivisation.  Les influences du film sont assez étranges,  car elles renvoient autant au cinéma de propagande qu’à Mack Sennett et à ses Keystone Cops. Le Bonheur alterne l’épopée et le burlesque. Il  pratique un mélange des genres assez peu usité dans le cinéma soviétique, à tel point que l’on peut estimer que le film a tout simplement déplu pour ces seules raisons esthétiques et non idéologiques.

Et pourtant ce sont sur des bases idéologiques que Medvedkine est devenu  cinéaste, il est vrai  sous contrainte, alors qu’il n’a pratiquement pas pu tourner par la suite sinon difficilement. Le parcours de celui-ci avait débuté avec une initiative singulière en matière d’agitprop, baptisée Ciné Train. Alexandre Medvekine se rendait ainsi en Ukraine, en Crimée principalement, à bord d’un train. Muni de caméras, il filmait la population. Les gens lui  parlaient, même si les films étaient muets et il les filmait. Les films étaient parfois même développés dans la journée et montrés à ces mêmes personnes, le soir, dans une salle de projection. Initiative assez stupéfiante dans son audace tant elle anticipe de très loin les expériences de télévision que l’on verra dans les années 70 et 80 où l’on entend aller à la rencontre du peuple. L’expérience du ciné train est parfaitement transférable dans ce que l’on voit dans le Bonheur car le film se veut clairement la synthèse de ces représentations de  vies quotidiennes, de ces petits détails qui sont tout d’un coup sublimés dans une  épopée. Ironie donc d’un parcours, celui de Medvedkine, personnalité totalement sous  dépendance et qui ne pourra s’exprimer en tant que cinéaste, que dans un film et un seul, le  Bonheur.

Majeure en son temps, l’influence des cinéastes soviétiques qui ont travaillé pendant une période exceptionnelle, celle   de la NEP, se perd néanmoins dans les années 30 qui constituent des années de véritable fermeture.  L’impulsion de ceux-ci se retrouvera néanmoins dans le cinéma Soviétique d’après guerre  essentiellement pendant sa période Khrouchtchev, mais surtout dans le cinéma dit du bloc de l’Est.  

Il apparaît que le cinéma soviétique n’a jamais été aussi prestigieux que dans les années 60 avec l’émergence de réalisateurs tels que Andrei Tarkovski et Mikhail Kalatozov. Les ambitions de la période étaient de nature inspirée, mettant en avant  un cinéma de l’épopée, un cinéma spectaculaire, un cinéma qui permet  d’irriguer plusieurs générations de cinéastes… et dont  les racines se trouvent  dans les films des années 20 et 30. La glaciation brejenevienne mettra néanmoins un terme à ce mouvement. Par ailleurs  il est frappant de constater en revoyant des films tels que Tempête sur l’Asie ou la Terre,  l’influence évidente que ce cinéma exercera sur tout le cinéma du bloc de l’Est, en Pologne ou en Tchécoslovaquie notamment. De façon générale, il jouera  une force motrice dans l’ensemble  du cinéma mondial et ce  jusqu’à la fin des années 60 en marquant  aussi  une partie du cinéma Américain,  soucieux lui aussi des influences Européenne.

Aussi  on peut d’autant se rendre compte aujourd’hui que ce cinéma représente un art perdu : un cinéma de l’épopée, un cinéma de la foule,  un cinéma où il ne s’agit pas seulement de manipuler des masses, mais de les ordonner dans un cadre. Un cinéma qui à l’ère du numérique, n’existe plus.

Un paysan naif à la recherche du bonheur dans la Russie tsariste, puis dans la Russie soviétique. Film muet assez satirique qui dans ses meilleurs moments fait penser à du Chaplin, il mele habilement le pamphlet à la comedie. Un grand sens du rythme, la farce se double d'un ...

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8
Tzara
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