Le grand embouteillage

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Pour le côté sombre d'une fable habitée par au moins dix vedettes
Drame - 1979 - Espagne | France - 115 MIN - interdit aux moins de 12 ans
Un énorme embouteillage sur le périphérique qui mène à Rome. Des échantillons de la société romaine sont bloqués sur la route pendant plus de 36 heures. La tension monte, les pires instincts de déchaînent et les différences de classes s'exacerbent.

Réalisé par

6.6 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Olivier Père
Olivier Père
CHRONIQUEUR

En 1979, date de la sortie du Grand Embouteillage, l’âge d’or de la comédie italienne est révolu. Les principaux cinéastes qui l’ont l’illustré vont signer des œuvres dont le ton s’éloigne de plus en plus de l’humour, même très noir, qui caractérise les classiques du genre.

Parce qu’elles ont observé et critiqué avec ironie l’évolution de la société italienne depuis la fin de la guerre jusqu’au boom économique, les comédies de Risi, Monicelli et Comencini ne peuvent que devenir plus pessimistes, sinistres et même tragiques avec l’aggravation de la corruption, la crise sociale et politique, le terrorisme et la violence qui frappent l’Italie de la fin des années 70. Luigi Comencini, cinéaste pourtant réputé pour son humanisme, signe ici un monument de noirceur au point que Le Grand Embouteillage n’a plus grand-chose à voir avec la comédie, et se transforme progressivement en fable apocalyptique sans aucun espoir. Le film prend pour point de départ une réalité (les énormes embouteillages qui paralysent le trafic routier à l’entrée de Rome, déjà illustrés dans une scène de Roma de Fellini) pour déboucher sur une vision cauchemardesque et allégorique du monde moderne en général et de la société italienne en particulier. Plusieurs échantillons de la population, industriels, intellectuels, artistes, petit-bourgeois ou prolétaires, pris au piège et obligés de cohabiter, entassés dans leurs voitures,  laissent éclater leur bassesse, leur médiocrité ou pire, leur ignominie. Les deux seuls personnages sympathiques, un conducteur de camion et une jeune hippie, seront sacrifiés au nihilisme du film, lui passé a tabac et dépossédé de son chargement par des pilleurs, elle violée par trois voyous dans une scène particulièrement désagréable.

Le Grand Embouteillage parvient à créer un véritable malaise chez les spectateurs, en dépassant les limites de la satire italienne pour se rapprocher des films français de Luis Buñuel comme Le Charme discret de la bourgeoisie, avec de surprenantes incises surréalistes et un climat général qui dérape vers l’absurde et le cauchemar.

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Luigi Comencini

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