LE LOCATAIRE

Bientôt disponible
Parce que le film clôture une trilogie engagée avec Répulsion et Rosemary's baby
Drame - 1976 - France - 125 MIN - interdit aux moins de 16 ans

Trelkovsky, jeune employé de bureau polonais récemment naturalisé Français, homme timide et très poli, visite un appartement parisien afin de le louer. La concierge lui apprend que l’ancienne locataire, Simone Choule, s’est défenestrée et est actuellement dans le coma. Trelkovsky se met d’accord avec le propriétaire monsieur Zy qui habite l’immeuble, mais la condition est, bien entendu, que la précédente locataire ne revienne pas. Il se rend à l’hôpital au chevet de Simone, et y fait la connaissance de Stella, qui le prend pour un ami de la jeune femme immobilisée sous des bandelettes, juste capable de pousser une sorte de cri de bête. Peu à peu, alors que Simone Choule est déclarée morte et qu’il prend possession du logement convoité, tout se dérègle dans la vie de Trelkovsky.

Réalisé par

7.6 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Le locataire raconte la lente descente aux enfers d’un petit homme timide et poli, qui prenant la place d’une suicidée dans un appartement parisien, semble peu à peu hanté par celle-ci, à moins que les voisins ourdissent contre lui une machination.  C’est un cauchemar fantastique, un drame étrange et sombre traversé par un humour noir et caustique. Au départ, il y a Le Locataire chimérique, livre de Roland Topor, publié en 1964, que Roman Polanski avait lu juste après le tournage de son deuxième long métrage, Répulsion. Il remet à plus tard l’idée et tourne une série de films reconnus, Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary’s Baby, connait l’insuccès avec Macbeth et Quoi ? puis revient en 1974 sur le devant de la scène avec Chinatown, nommé pour onze Oscars et qui remporte seulement une statuette destinée au scénario signé Robert Towne. Cette année-là, Polanski est en panne sur le projet Pirates, qui ne verra le jour que douze ans plus tard, et, la Paramount ayant acquis les droits du roman de Topor, il s’attelle à l’adaptation du Locataire avec son vieux complice Gérard Brach et écrit, selon ses propres mots « Un film sur l’angoisse et non sur la peur ». Un magnifique et gigantesque immeuble parisien est reconstitué en studio à Epinay, Polanski travaillant pour la première fois avec le décorateur attitré de Luis Buñuel en France, Pierre Guffroy, et avec le chef opérateur d’Ingmar Bergman, Sven Nykvyst.

Roman Polanski lui-même habite littéralement le rôle principal de Trelkovsky, cet immigré polonais nationalisé français blackboulé par la terre entière ; comme il le confie  à Pierre Billard, dans une interview rapportée par Pierre-André Boutang dans le livre Polanski par Polanski : « Je sais ce qui se passe quand on vous rappelle dix fois par jour que vous n’êtes pas français, je sais ce qu’il en coûte d’être considéré comme un citoyen de deuxième catégorie ».

Le film, tourné en anglais, réunit un casting international extrêmement audacieux et mélangé : Isabelle Adjani en amie éplorée de la suicidée, Melvyn Douglas (merveilleux acteur chez Lubitsch, partenaire à l‘écran de Garbo et Dietrich) en propriétaire hautain, Shelley Winters (l’inoubliable mère de La Nuit du chasseur, de Lolita et de Bloody Mama) en concierge suspicieuse, et aussi, dans des petits rôles une bonne partie de la bande du Splendid (Josiane Balasko, Michel Blanc, Gérard Jugnot), Héléna Manson, l’éternelle infirmière du Corbeau de Clouzot, la petite Eva Ionesco dans son premier rôle d’enfant chahutée et aussi Bernard-Pierre Donnadieu, Rufus, Bernard Fresson, Romain Bouteille… En outre, Polanski travaille pour la première fois avec Philippe Sarde dont il aimait particulièrement la musique composée pour Les Choses de la vie de Claude Sautet et qu’il retrouvera ensuite sur Tess et Pirates.

Contexte

Isabelle Adjani

Film français des années 1970, dont le chef décorateur est Pierre Guffroy et le compositeur de la musique Philippe Sarde... comme Le Locataire.

Roman Polanski

Drame sur la folie d’un homme dont on ne sait jamais s’il n’est pas victime d’une machination.

BAROCCO DE ANDRÉ TÉCHINÉ (1976)

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