LE PLAISIR

À partir de 2.99 €
Parce qu'on peut dire sans excès qu'il s'agit de la plus belle adapation de Maupassant au cinéma (avec Renoir)
Comédie - 1952 - France - 93 MIN - VF - Tous publics
Un narrateur, en voix off, invite le spectateur à une réflexion sur le plaisir et le bonheur. Sa première histoire est celle d'un danseur masqué, victime d'une attaque cardiaque dans la frénésie d'un bal au Palais de la Danse. La deuxième histoire commence par la découverte par les notables d'une petite ville de la Manche de la fermeture momentanée du bordel de Mme Tellier. Le narrateur s'invite dans le dernier récit dont il est l'un des acteurs, assistant à la dégradation d'un amour qui unit l'un de ses amis, jeune peintre, avec sa modèle.

Réalisé par

7.7 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Max Ophuls est un cinéaste majeur. Son œuvre ne compte qu’une vingtaine de longs métrages. Il a connu les vicissitudes de bien des artistes juifs allemands, débutant à l’UFA, fuyant le nazisme dès l’incendie du Reichstag, tournant en France, passant par l’Italie, la Hollande et la Suisse pour faire carrière aux Etats-Unis et revenir en Europe en 1950, où il réalise 4 films français jusqu’à son décès en 1957, 4 chefs-d’œuvre indiscutables. Tourné entre La Ronde et Madame de…, Le Plaisir assemble trois histoires de tonalités différentes, adaptations de nouvelles de Guy de Maupassant, reliées par la voix off d’un chroniqueur mondain qui s’incarne dans le troisième volet et donne au triptyque sa subtile unité. Le titre général du film est bien sûr ambigu. Il s’agit plutôt pour Ophuls de décrire trois cas de plaisirs contrariés. Dans les deux premiers segments, le plaisir est lié à des lieux spécifiques, vers lesquels toutes les pulsions convergent, le Palais de la Danse, tapageur et crapuleux, où un homme masqué vient virevolter parmi une foultitude de gens sur la musique endiablée d’Offenbach, et la Maison close de Madame Tellier, accueillant les notables de la ville et les marins en bordée.

La troisième histoire est le constat amer de la désagrégation d’un jeune couple. Le séducteur masqué, dans une quête impossible de sa jeunesse passée, les bourgeois se lamentant de la fermeture momentanée du bordel, pour cause de première communion, le peintre lassé par l’amour de sa modèle sont à la recherche d’un plaisir charnel auquel s’opposent le temps, la pureté et la mort. Ce plaisir semble une préoccupation surtout masculine. Ophuls s’est toujours défendu d’être un moraliste. Il ne condamne pas cette recherche de jouissance, aussi fugace, infantile, frivole ou égoïste qu’elle soit. Il l’observe d’un regard impitoyable mais sans jugement, avec fatalité. Et conclut que le bonheur n’est pas gai.

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