LE SILENCE EST D'OR (VERSION RESTAURÉE)

À partir de 2.99 €
le film annonce le grand retour de René Clair dans le cinéma français.
Comédie - 1947 - France - 95 MIN - VF - HD - Tous publics
Paris, à la Belle Epoque. Emile Clément, la cinquantaine élégante, dirige une petite compagnie cinématographique, la «Fortuna». Un jour, il rencontre Madeleine, venue à Paris pour y retrouver son père. Charmé, le cinéaste décide de l'héberger. Son fils adoptif, Jacques, est également épris de la belle...

Réalisé par

6.7 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Avant de passer à la réalisation en 1923, René Clair fut journaliste reporter et chansonnier pour Damia. En 1920, le hasard le conduit à faire l’acteur. Il tourne dans plusieurs mélodrames de Louis Feuillade comme L’Orpheline et Parisette, des expériences de jeune premier qui vont lui inspirer, pour son retour en France en 1946, le cadre du Silence est d’or, situé non pas dans les années 1920 mais aux origines du cinématographe, du temps où des cinéastes alternaient comédies burlesques et mélos avec des caméras à manivelles.

Emile Clément est l’un de ces pionniers héroïques, producteur-réalisateur à la tête des studios Fortuna, avec ses machinos engagés à l’année, ses jeunes comédiennes issues du music-hall, ces acteurs de tournées se méfiant du Septième Art. René Clair nous plonge moins dans les coulisses de la création que dans un jeu de séduction et une fable mélancolique. Monsieur Emile est un incorrigible séducteur mais vieillissant, compensant l’âge pour une assurance gouailleuse qui cache une blessure. Son assistant et jeune premier, Jacques, ne jure en revanche qu’au grand amour. Ce timide idéaliste tombera amoureux de Madeleine, laquelle ébranle aussi Emile dans son cynisme de surface au point qu’il veut également l’épouser.

Le film est caractéristique des comédies de René Clair. La cruauté peut pointer, mais légère, balayée par un populisme attendri qui se nourrit d’une troupe de seconds rôles sympathiques, les caricatures sont rarement féroces et la gravité se dissimule derrière un plaisir du gag visuel. La nostalgie est le sentiment qui domine Le Silence est d’or, reconstitution d’une Belle Epoque rêvée dans laquelle les messieurs draguaient les Parisiennes à l’étage des omnibus à l’impériale. Dans ce registre en demi-teinte, Maurice Chevalier, en Monsieur Emile, est éblouissant et apporte l’émotion élégante que René Clair n’ose pas insuffler à l’ensemble des personnages.

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Contexte

Maurice Chevalier

De Joseph Pevney, 1956. Biographie de Lon Chaney, star du cinéma muet américain.

René Clair

De Stanley Donen, 1952. Autre film se déroulant dans le cinéma muet, mais au moment où celui-ci négocie le virage du parlant à Hollywood.

GIGI

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