LE TIGRE DU BENGALE

À partir de 2.99 €
Parce que les danses exotiques du film sont en fait totalement fantaisistes
Aventure / Action - 1959 - Allemagne|France|Italie - 96 MIN - VF - Tous publics

L'architecte Henri mercier (dans la v.o. il est allemand et s'apelle Harald Berger), se rend en Inde à la demande du Maharadjah Chandra qui souhaite rénover son palais d’Eschnapur. En chemin, il rencontre une magnifique danseuse du Temple de Bénarès, Seetha, elle aussi invitée du souverain qui, veuf depuis peu, souhaite faire d’elle son épouse. Harald sauve Seetha des griffes d'un tigre décimant les habitants de la région et tous deux tombent amoureux. Tandis que le beau-frère de Chandra et l’assemblée des prêtres fomentent un coup d’état, l’amour de Harald pour Seetha rend fou de jalousie le Maharadjah, qui la séquestre dans une «cage dorée». Lorsque celle-ci s’enfuit, il décide de lui faire construire un mausolée…

Réalisé par

6.5 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Le diptyque que forment Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou est la troisième adaptation filmée d’un scénario écrit près de quarante ans plus tôt par Fritz Lang et son épouse d’alors, Thea von Harbou, d’après le roman de cette dernière, «Das Indische Grabmal». En 1920, alors que le projet est lancé et que Lang vient de terminer Les Araignées, son troisième film et son premier diptyque, la réalisation en est confiée à Joe May, considéré comme «plus expérimenté». Ce dernier dirige Conrad Veidt, Lya de Putti et Bernard Goetzke dans une superproduction muette dont le succès s’avère considérable.
En 1938, une version parlante en noir et blanc, dirigée par le berlinois Richard Eichberg, avec Fritz van Dongen, La Jana et Theo Lingen, remporte, elle aussi, un triomphe. Début 1956, Alexander Korda, réalisateur-producteur souhaitant renouer avec le succès de ses films «exotiques» comme Alerte aux Indes, se tourne vers Fritz Lang qui envisage alors un sujet autour de l’imposant Palais du Taj Mahal. Mais Korda meurt le 23 janvier et le producteur Arthur Brauner propose alors à Lang un remake en couleur du film d’Eichberg et un conséquent budget de 4 millions de Marks. Fritz Lang déclara : «Pour moi, quelque chose de mystique est en jeu. Un cercle se referme : ce que j’ai tant désiré, il y a quarante ans, se réalise enfin, aujourd’hui, de façon surprenante. » (in «Fritz Lang. Trois Lumières», d’Alfred Eibel).
Il se met aussitôt au travail et reprend le scénario initial en compagnie de Werner Jörg Lüddecke. Tournée en 1958 en 89 jours, dont 27 en Inde et le reste en studio à Berlin, cette coproduction germano-italo-française trouble les admirateurs de Fritz Lang comme ses détracteurs. Certes, il peut être surprenant de voir sous sa caméra quelques passages obligés (d’aucuns disent : « clichés») du film d’aventures : gentils européens, locaux fourbes, riches palais ordonnés contrastant avec la luxuriante nature peuplée d’animaux féroces. Mais, avec tous ces ingrédients, que d’invention, que d’intelligence, que de sobriété aussi ! L’opposition des caractères et l’utilisation des décors sont résolument modernes.
Et si l’on peut reprocher quelques effets surannés et une interprétation monolithique du héros Paul Hubschmid et des Indiens joués par des Allemands au visage passé au cirage, n’oublions pas que toute une génération de cinéphiles (mâles) est tombée amoureuse de Seetha, l’accorte danseuse aux appas à peine voilés, incarnée par Debra Paget… qui n’a rien perdu de ses charmes, ni ses chorégraphies de leur éclat !

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