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Jacques Becker
Jean KéraudyMarc MichelMichael ConstantinePhilippe Leroy-BeaulieuRaymond MeunierAndré BervilCatherine SpaakEddy RasimiJean-Paul CoquelinPaul PrébostDominique ZardiGérard HernandezJean LuisiJean MinisiniPhilippe Dumat

LE TROU

118 mn

Note de SensCritique :

8.3 / 10
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Réalisateur : Jacques Becker.

Casting : Jean Kéraudy, Marc Michel, Michael Constantine, Philippe Leroy-Beaulieu, Raymond Meunier, André Bervil, Catherine Spaak, Eddy Rasimi, Jean-Paul Coquelin, Paul Prébost, Dominique Zardi, Gérard Hernandez, Jean Luisi, Jean Minisini. Philippe Dumat

Synopsis : Un jeune homme, Claude Gaspard, accusé d’une tentative de meurtre sur sa riche épouse, est détenu à la prison de la Santé. Affecté à une autre cellule, il se retrouve au sein d’un groupe de quatre détenus soudés par une forte entente : Manu Borelli, Géo Cassine, Vosselin dit « Monseigneur » et Roland Darbant . Sur les plans de ce dernier, ils ont décidé de s’évader en creusant un tunnel pour gagner les égouts et sont obligés de mettre Gaspard dans la confidence. Celui-ci est heureux de participer à l’aventure et renaît grâce à l’amitié ressentie auprès de ces hommes.

Scénario : Jacques Becker, Jean Aurel, José Giovanni.
Musique : Philippe Arthuys.
Pays : France | Italie
Tags : Policier / Suspense, Drame, A isoler, Par la case prison, Derrière les barreaux, Enfermés.

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Auteur de quelques succès populaires comme Touchez pas au grisbi qui relance la carrière de Gabin, venant de tourner Montparnasse 19 avec Gérard Philipe, Jacques Becker éprouvait un désir liberté avec un budget modeste et sans stars. Ce sera Le Trou, qui est aussi son dernier film, tourné entre juillet et octobre 1959, dans les studios de Jean-Pierre Melville. Très malade, l’auteur de Casque d’or a la force d’en finir le montage mais le film sort un mois après son décès, en mars 1960. Truffaut et Godard le saluent comme un chef-d’œuvre et Melville, dans un texte vibrant des Cahiers du Cinéma, le considère comme « le plus grand film français ». Aujourd’hui encore, il reste un classique du film noir, très éloigné des conventions du genre, sans complaisance commerciale et d’une intrigante richesse. FilmoTV est heureux de pouvoir vous en proposer aujourd’hui deux versions différentes.

Le Trou appartient à un sous-genre du film de gangster : le drame carcéral. Il s’inspire d’un authentique fait-divers : l’évasion ratée de cinq détenus de la prison de la Santé, en 1947, creusant pendant des semaines un tunnel pour rejoindre les égouts de Paris. L’un d’eux est José Giovanni, qui sera condamné à mort pour triple assassinat puis gracié. Il en fait son premier roman, publié en 1957 par Gallimard avec le parrainage de Roger Nimier. Becker en acquiert les droits, travaille avec Giovanni sur l’adaptation et les dialogues et l’accueille sur son plateau comme conseiller technique. Car il ne veut pas une épopée spectaculaire qui se soucierait peu de vraisemblance, mais une approche documentaire de la prison et des hommes qui la composent – gardiens comme prisonniers dont les faits et gestes quotidiens sont détaillés. En préparant le script avec Giovanni, Becker insiste sur la véracité à tous les niveaux, ne laissant rien aux conventions. Les dialogues ne font l’objet d’aucun traitement romanesque et sonnent juste, empruntant au langage familier. La promiscuité est montrée, pour la première fois peut-être au cinéma, avec un plan de Manu, de dos, en train d’uriner.

Autre élément primordial : le casting, composé d’inconnus. Certains font leurs premiers pas comme Philippe Leroy (dans le personnage inspiré par Giovanni). D’autres n’ont eu que des rôles très secondaires comme Marc Michel et Raymond Meunier. Michel Constantin, choisi pour sa gueule, est le capitaine de l’équipe de volley-ball dans laquelle joue le fils du cinéaste, le futur réalisateur Jean Becker. Tous sont exceptionnels de naturel, grâce à une direction précise de Becker qui n’hésite jamais à multiplier les prises pour obtenir ce qu’il veut. Et il y a Jean Keraudy, qui ouvre le film, affirmant que le film qui suit est sa propre histoire. Son personnage porte quasiment son vrai nom, Roland Darbant au lieu de Roland Barbat. Il fit partie de l’évasion ratée racontée par Giovanni. C’est un cambrioleur, maintes fois arrêté, surnommé le roi de l’évasion pour ses nombreuses cavales. Comme dans le film, il a conçu en 1947 l’évasion par le tunnel. Pour Becker, il ne joue pas mais revit toutes les attitudes, les gestes du prisonnier, ajoutant un crédit supplémentaire dont profitent tous ses partenaires. Becker exige cette vérité des autres postes. Rino Mondellini, le décorateur, construit des sols avec de vraies plaques de béton. Quand les acteurs quand ils creusent les parois avec une barre de métal, ils ne peuvent pas tricher. La bande-son refuse tout lyrisme musical et crée un univers claustrophobe fait des bruits quotidiens de la prison. Enfin, la mise en scène s’attache avec rigueur à cet hyperréalisme, filmant le plus souvent en temps réel, ou donnant cette illusion en gardant la longueur des plans. Cette volonté documentaire lui permet de saisir la folie de l’univers carcéral quand un gardien saccage avec professionnalisme tout le contenu d’un colis alimentaire, ou encore l’ennui dans les tâches répétitives, aussi bien des détenus que des gardiens. La description précise de Becker vient à se superposer aux gestes minutieux de ces hommes, comme d’ailleurs sa farouche volonté de tourner, malgré la maladie qui le condamne, trouve un écho évident dans ce scénario implacable.

L’échec commercial de ce chef-d’œuvre poussera les distributeurs à quelques coupes. On cite une durée de 132 minutes. Aujourd’hui existent deux versions, présentant une différence de 8 minutes, l’une et l’autre incomplètes. Il leur manque une séquence de début montrant Gaspard, le détenu transféré, dans sa première cellule, coupe que regrettait beaucoup Giovanni. Les deux versions restantes que nous vous proposons ont leurs qualités et défauts propres.

La version courte de 117 minutes ne contient pas le court dialogue dans lequel Gaspard évoque sa condition d’orphelin et sa grand-mère qui l’a élevé : c’est une donnée qui engluait le personnage dans une psychologie simpliste, entachant un film qui évite partout ailleurs ce genre de piège. Cette version a surtout le grand mérite, comme un prodigieux écho à la symbolique du film, d’opérer une ellipse capitale, un trou dans le récit. Dans la version plus longue, la fin de l’entrevue de Gaspard avec le directeur, lorsqu’il apprend qu’il sera libéré, se poursuit avec un appel au brigadier Grinval, qui vient les rejoindre, puis accompagner Gaspard d’un air désolé, voire réprobateur de la part de cet employé toujours montré en empathie avec les prisonniers. Tout est dit : Gaspard vient de trahir ses codétenus. La version courte nous épargne cette évidence, donne au final une intensité plus ambigüe et plonge le spectateur dans le même doute que les codétenus.

La version longue de 125 minutes respecte en revanche les déambulations souterraines dans leur durée documentaire, dans leur répétitivité, explorant la complexité de ces dédales, leur difficulté d’accès. Reste aussi une séquence courte mais qui annonce l’issue cauchemardesque : le festin de l’araignée. Soudain, Becker devient expressionniste, accentuant l’éclairage, et place le spectateur aux premières loges du plaisir infantile, quasiment sadique, d’un gardien – Paul Préboist dans le gros plan le plus glaçant de sa carrière – contemplant une araignée et l’insecte vivant qu’il vient de jeter dans sa toile. Représentation de tout le mécanisme du film, construit sur la pulsion scopique d’une condition humaine vouée à la dévoration, qui renvoie au pessimisme tragique du film noir et à la position trouble du spectateur de cinéma. Il nous faut donc, avec la vision de ces deux versions, reconstituer le métrage idéal du dernier film de Becker, réussite inclassable du film noir, vénérée pour son modernisme mais fidèle à la tradition tragique du genre, propice à des hypothèses multiples, depuis les analyses lacaniennes inévitables, pas forcément dénuées de fondements, justement, jusqu’aux interprétations théoriques sur l’art. Dans son essai sur le film, Emmanuel Girard évoque ainsi « l’idée mallarméenne du poète qui creuse son vers : ce sont des artistes que nous observons creuser un chemin vers l’idéal de liberté ». Signalons enfin la version de 5 minutes 30 réalisée en 2013 par Gérard Courant, intitulée Le Trou de Jacques Becker et qui est une compression de la version longue originale, à la manière d’une œuvre d’Arman.

Porosité ambiante

Il est peu fréquent qu’un film carcéral commence aussi bien que Le Trou : Gaspard, par sa politesse et son air angélique, séduit les deux camps de la prison : le directeur, et ses nouveaux compagnons de cellule. De ces deux instances, la longue exposition valorise une arme ...

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9
Sergent Pepper

La cellule souche

Le Trou... C'est fou comme je l'ai mis de côté, lui, un peu gêné parce que, devant cette déferlante de compliments particulièrement mérités, je sens bien que je vais surtout devoir expliquer ma relative frilosité, et ça, ce n'est pas évident, surtout si je ne veux pas ...

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Torpenn

Becker fait son Trou

« Je considère Le Trou, et là, je pèse bien attentivement mes mots, comme le plus grand film français de tous les temps » Jean-Pierre Melville. Avec une recommandation pareille on ne peut qu'être intrigué par ce dernier film de Becker, qu'il ne verra jamais sortir en salle ...

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9
fabtx
le contexte
  • Egalement interprété par
  • Pas si éloigné
    De George Hill, 1930, l'un des films fondateurs du genre "film de prison avec évasion".
  • Egalement realisé par
    Jacques Becker
  • Dans le même genre
    Réalisé en 1956 par Robert Bresson, le film raconte une autre évasion mais d'un point de vue individuel et non collectif. On a souvent rapproché (et comparé) les deux films en raison de leur rigueur et de leur période de réalisation.
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