LES BONNES FEMMES

À partir de 2.99 €
Parce que c’est un des premier Chabrol, un de ses plus drôles. Parce que cette histoire de quatre vendeuses qui s’ennuient dans leur magasin sent bon les années 60.
Drame - 1960 - France - 88 MIN - VF - Tous publics

Ginette, Jacqueline, Rita et Jane sont vendeuses dans un magasin d’électroménager modeste et sans relief. Elles s’ennuient et ne commencent à vivre - et à rêver - que quand la boutique ferme  ses portes le soir. Si Jane est plus ou moins fiancée à un soldat, elle n’hésite pas en fille facile à accompagner des noceurs. Rita, elle,  est promise à un fils de commerçants parvenus, parfaitement désagréable. Ginette est la plus âgée du quatuor . Elle possède un jardin secret et mène une deuxième vie qu’elle dissimule à ses collègues : elle chante le soir dans un cabaret. Quand à Jacqueline, la plus discrète et la plus réservée des quatre, elle est à la recherche de l’amour le plus pur. Elle croit trouver un jour en la personne d’un mystérieux motard qui finit par se déclarer à elle. Mais…

Réalisé par

6.6 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Jean Ollé-Laprune
Jean Ollé-Laprune
CHRONIQUEUR

Le 22 avril 1960 Les Bonnes femmes, le quatrième film de Claude Chabrol sort sur les écrans parisiens, assorti de l’interdiction aux moins de 18 ans. Baptisé ainsi par Françoise Giroud, la Nouvelle Vague et le cinéma novateur qu’elle propose atteignent alors leur sommet en terme de popularité. Les 400 coups signé François Truffaut résonne encore dans les mémoires moins d’un an après son passage au Festival de Cannes. Distribué quelques jours avant le film de Chabrol, A Bout de Souffle de Jean Luc Godard est un triomphe public. Et pourtant, et pourtant ! Les Bonnes femmes marque le début du déclin d’un mouvement qui en fait n’aura duré que quatre ans. Un mouvement que Claude Chabrol a grandement initié, ne serait ce qu’en étant le premier de la bande des Cahiers du Cinéma à passer derrière la caméra pour un long métrage. C’était Le Beau Serge en décembre 1957.

Après s’être produit lui-même à deux reprises, Claude Chabrol décide de travailler avec des producteurs tiers, en l’espèce les mythiques frères Hakim. Il les a choisis parce que selon les termes même de son scénariste Paul Gégauff, ce sont eux qui ont la moquette la plus épaisse dans leur bureau. Robert Hakim est petit avec des airs napoléoniens. Raymond Hakim a, lui, davantage une allure de Don Juan. On dit qu’il a été à Hollywood, l’amant de Rita Hayworth. Après A Double tour, Les Bonnes femmes est le deuxième film que Chabrol tourne pour eux, un engagement pris alors que le premier n’était pas encore achevé. Il s’agit d’une chronique satirique de quatre vendeuses d’un magasin d’électroménager qui s’ennuient dans leur boulot et qui essaient de s’en évader soit par le rêve, soit par la fête, soit par la débauche, soit par le mariage.

Parce que ses héroïnes ne luttent pas contre leur condition et n’expriment aucune révolte classique, Les Bonnes femmes reçoit une volée de bois vert au moment de sa sortie ; "Un  remugle de putréfaction" peut on lire on dans l’Humanité. On parle de vulgarité. On parle de cynisme, on parle de fascisme, à l’exception des Cahiers du Cinéma bien sûr, mais aussi Françoise Sagan dans l’Express qui soutient Chabrol. Pour la première fois, le spectateurs ne se mobilisent pas plus que cela pour un film estampillé Nouvelle Vague, un peu plus de 800 000 entrées, c’est à dire cinq fois moins que Les 400 Coups. Claude Chabrol va s’engager alors dans une période un peu grise commercialement parlant, une période que la provocation mais aussi la sensibilité dissimulée des Bonnes femmes, un de  ses meilleurs films, a contribué à susciter.

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