LES CHEMINS DE KATMANDOU

Parce que non seulement Gainsbourg joue dans le film mais il en a composé la musique
Drame - 1969 - France|Italie - 96 MIN - VF - Tous publics
Olivier, après avoir activement participé aux événements de mai 68, est aujourd'hui en plein désarroi. Il décide de partir, à la recherche de son père au Népal, pour lui réclamer les 30 millions de francs représentant le total de la pension qu'il n'a jamais versé à sa mère, séduite puis abandonnée alors qu'elle était adolescente. C'est l'organisation des Equipes internationales de Solidarité qui lui paye le voyage. Arrivé sur place, il se met seul en quête de son père. En cours de route, il rencontre trois hippies. Parmi eux, il y a Jane. Olivier tombe vite amoureux d'elle...

Réalisé par

5.2 / 10
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Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Les Chemins de Katmandou furent tournés sept mois après Mai 68. Avec René Barjavel comme coscénariste, André Cayatte, ancien avocat toujours à l’affût d’un sujet de société à instruire, s’empare alors du problème d’une jeunesse française en révolte et qu’il perçoit comme déboussolée, enlisée dans une crise des valeurs. Le cinéaste a 60 ans et révèle en fait surtout le désarroi et l’incompréhension de sa propre génération face à l’émancipation des jeunes. 

Le Népal devient le lieu de perdition de toute une génération. L’idéaliste Olivier, dégoûté par l’univers débauché de la mode parisienne dans lequel travaille sa mère, part aux Indes pour retrouver son père divorcé, un piètre aventurier. Mais il découvre l’amour grâce à Jane, une hippie défoncée qu’il va tenter d’arracher à la drogue. Il s’agit de Jane Birkin, qui venait de tourner La Piscine.   

Tandis que tout un cinéma devient psychédélique, et que Barbet Schroeder, avec More, porte sur la drogue une vision noire plus glaçante, Cayatte ressort du placard les recettes kitsch du mélo. Dans les extérieurs majestueux du Népal, filmés comme de somptueuses cartes postales par Andreas Winding, le brillant chef-opérateur de Play Time, surgit Ted, un trafiquant de statuettes dérobées dans les temples bouddhistes, pour lequel Olivier accepte de se compromettre. Cynique et fourbe, Ted a les traits de Serge Gainsbourg, qui s’était fait une spécialité des crapules, depuis ses exploits dans des péplums italiens. Salopard libidineux, Gainsbourg incarne, magistral, l’affreuse caricature du Mal. Il est le joker malfaisant qui sauve le film de son overdose de clichés.

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Un film de Léon Klimovsky. Mexique, 1950, mais les mêmes ressorts du mélodrame pour dénoncer la drogue.

André Cayatte

De Barbet Schroeder, 1969. Tourné la même année et montrant aussi les méfaits de la drogue.

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