LES DAMES DU BOIS DE BOULOGNE (VERSION RESTAURÉE)

1945
82 mn
Ce film n’est plus disponible

1945
82 mn
Premier chef-d'oeuvre de Robert Bresson, annonçant déjà toute l'exigence de son esthétique.
Hélène a l'impression que son amant, Jean, lui échappe. Pour vérifier ses suppositions et faciliter de pénibles aveux, elle prêche le faux et apprend que Jean ne l'aime plus. Blessée, Hélène décide de se venger et monte un plan minutieux. Elle s'arrange pour que Jean rencontre Agnès, une danseuse de cabaret...
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Drame
France
Tous publics

1 min avant
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L’Occupation assiste aux vrais débuts d’un cinéaste majeur. Même s’il l’a renié, Les Dames du bois de Boulogne est le premier chef-d’œuvre de Robert Bresson, qui annonce déjà la dédramatisation et l’austérité de son œuvre future. Les Anges du péché, tourné en 1943, était encore un drame psychologique trop dialogué, construit sur une intrigue policière. Inspiré d’un extrait de Jacques le fataliste de Diderot, Bresson débarrasse le mélodrame de tous ses excès pour expérimenter son esthétique du dépouillement.

Il est question d’une femme blessée, Hélène, qui sent son amant, Jean, se désintéresser d’elle. Après en avoir eu la confirmation, elle construit sa vengeance, manipule Agnès, une danseuse de cabaret qui vit avec sa mère ruinée et se vend à ses amants. Pour Hélène, Agnès est une grue qu’elle va pousser dans les bras de Jean pour le piéger et l’humilier dans un mariage indigne.

Malgré un tel argument, qui n’est pas sans outrances, Bresson parvient à tout styliser, depuis les décors jusqu’aux costumes. Il obtient de ses interprètes une décence admirable, qui touche au sublime. Le trio est inoubliable : Maria Casarès, calculatrice glacée mais dévorée par la haine, Elina Labourdette, cœur fragile foudroyé par la passion et, entre les deux, le digne Paul Bernard dans son rôle le plus émouvant. Les dialogues sont de Jean Cocteau, sans effets, au point que, certains, comme Raymond Queneau, ont jugé son travail inconsistant. André Bazin a porté tout le mérite du film à la mise en scène, immortalisant son propos d’une formule célèbre : « Il n’a fallu que le bruit d’un essuie-glace d’automobile sur un texte de Diderot pour en faire un dialogue racinien. » Cocteau lui-même minimisa son apport à celui de simple exécutant. Comme les interprètes, mais sans doute avec moins de frustration, il s’est soumis au désir d’épure de Robert Bresson.

 
Dans le même genre vous pouvez trouver LA VENGEANCE D'UNE FEMME (De Jacques Doillon, 1990. Une femme se venge de celle qui a aimé le même homme qu'elle et ourdit une machination, comme dans "Les Dames du bois de Boulogne") ou encore MADEMOISELLE DE JONCQUIÈRES (D'Emmanuel Mouret, 2018. Adaptation du même récit tiré de Jacques le fataliste, de Diderot.).

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