LES DIABOLIQUES

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Policier / Suspense - 1955 - France - Tous publics

Autoritaire directeur d’une modeste institution scolaire de Saint-Cloud, Michel Delassalle est le mari de la fragile Christina et l’amant de Nicole Horner, toutes deux enseignantes dans l’établissement et toutes deux victimes de sa méchanceté et de ses violences répétées. Poussée par Nicole, Christina accepte l’idée d’assassiner son mari. Profitant d’un pont de trois jours, les deux jeunes femmes partent à Niort, dans la maison de Nicole, où les deux femmes vont lui tendre un piège...

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Les avis sur Sens Critique

C’est en 1952 que Pierre Boileau et Thomas Narcejac font paraître Celle qui n’était plus, le deuxième roman de leur riche collaboration.   Ils y racontent l’histoire de Fernand Ravinel, représentant en articles de pêche, de sa femme Mireille, sans profession, et de sa maîtresse Lucienne, doctoresse dans un hôpital nantais. Vous comprendrez que je ne peux pas vous en dire plus – suspense oblige ! –, bien que le film que vous allez voir soit, véritablement, très différent du livre. Effectivement, si Henri-Georges Clouzot reprend l’ossature du récit, il en modifie complètement les personnages et l’intrigue. C’est ainsi que le falot représentant en articles de pêche devient l’odieux directeur d’une minable institution scolaire – Paul Meurisse –, que la jeune épouse sans profession et au passé de fugueuse devient la chétive propriétaire et l’une des enseignantes de la susnommée institution – Véra Clouzot – et que la maîtresse n’est plus médecin à Nantes mais, elle aussi, institutrice – Simone Signoret.

Pour tout vous dire, Clouzot n’a pas changé que cela – loin de là ! – d’ailleurs, dans la préface accompagnant une réédition de leur roman, Boileau et Narcejac ont écrit : « Entre Celle qui n’était plus et le film que ce roman a inspiré à Henri-Georges Clouzot, il n’y a qu’un lien, si mince qu’on pourrait croire le film étranger au livre, si solide qu’on est obligé de reconnaître leur profonde parenté. [...] Le film de Clouzot est beaucoup moins une adaptation qu’une recréation. » Mais, ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus. Comme vous le constaterez vous-même, le film s’achève par un avertissement aux spectateurs en forme de supplique : « Ne soyez pas Diaboliques ! Ne racontez pas ce que vous avez vu. » Donc, motus et bouche cousue !

Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est que face au trio infernal Meurisse-Clouzot-Signoret, vous reconnaîtrez Michel Serrault qui, à 26 ans, après son rôle de trompettiste-catastrophe dans Ah ! Les belles bacchantes, faisait, ici, ses véritables débuts au cinéma sous la direction d’un tyrannique réalisateur n’ayant pas trop de temps à perdre avec ce débutant impressionné et traqueur : « L’ambiance sur le plateau n’était pas à la rigolade, écrira le comédien en 2001 dans ...Vous avez dit Serrault ? son autobiographie. Il y avait un côté ciel plombé qui alimentait mon trac plus qu’il n’aurait fallu. »

            Une grande partie du film se déroulant au sein d’un établissement scolaire, Clouzot y dirigea, évidemment, un groupe d’enfants parmi lesquels : Yves-Marie Maurin (10 ans), le frère aîné de Patrick Dewaere ; Georges Poujouly (14 ans), l’ancien petit compagnon de Brigitte Fossey dans Jeux interdits de René Clément, et Johnny Hallyday (11 ans) que l’on aperçoit – c’est court, ne le ratez pas – entre Simone Signoret et Pierre Larquey pendant la scène de la photo de classe. La future idole des jeunes devra encore patienter sept ans pour retenir la nuit, face à Catherine Deneuve, dans le sketch des Parisiennes dirigé par Marc Allégret.

Contexte

Henri-Georges Clouzot

MACADAM (1946)

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