LES GRANDES FAMILLES

À partir de 2.99 €
Pour une description très française du monde des affaires toujours contemporaire
Drame - 1958 - France - 90 MIN - VF - Tous publics
Noël Schoudler, riche industriel, est à la tête d'un empire financier qui gère une grande sucrerie, un quotidien national et des actions en bourse. Son fils, François, est en âge de prendre des affaires en main, d'autant qu'il juge les méthodes de son père archaïques. Seulement, Noël Schoudler n'entend pas laisser une miette de pouvoir à son rejeton. Il décide de lui en faire la leçon, feignant de lui confier les sucreries. Lorsque, par sa naïveté, François se retrouve à demander l'appui financier de son père, celui-ci refuse. François se tourne alors vers le cousin indigne de la famille, Lucien Maublanc qui rêve depuis toujours de provoquer la faillite de l'empire Schoudler. Il gagne la confiance de François pour mieux le faire couler en bourse. Mais Noël Schoudler croit tenir la situation en bluffant le cousin Maublanc. Il n'a pas prévu que son fils, dépassé par la situation, humilié, se suiciderait. Dès lors, sonné par ce dénouement tragique, un instant fragilisé, le colosse Schoudler se ressaisit et sauve les sucreries de la faillite.
7.2 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Septième long métrage de Denys de La Patellière, LES GRANDES FAMILLES, c’est d’abord et surtout un film DE Jean Gabin : l’écrin « Qualité Française » dans lequel la star s’est installée dans les années cinquante. Tous les éléments sont réunis pour mettre en valeur son numéro d’acteur, dans le registre monolithique de patriarche d’une grande famille d’argentiers, s’opposant aux élans modernistes de son fils. La Qualité Française, c’est la solidité d’un cinéma de faiseurs d’une grande efficacité.

Au départ, un best-seller de Maurice Druon, Prix Goncourt 1948. Une valeur sûre et académique, colorée par les reparties enlevées d’un Michel Audiard au mieux de sa forme. Confortant la morale établie, Audiard se permet néanmoins quelques saillies sur la valeur du travail, « le maître-mot, l’explication de tout » fait-il dire avec ironie à Pierre Brasseur. Il égratigne aussi le vernis hypocrite du patronat des affaires.

Pour cela, la Qualité Française a un atout majeur : les seconds-rôles, dans un jeu de massacre qui va du sabre au goupillon, de Jean Murat à Julien Bertheau, d’Aimé Clariond à Jean Ozenne. Superbe brochette de grands notables se partageant la lâcheté, la suffisance, l’orgueil ou la cupidité. Dans ce bal des faux-culs, face au bloc granitique qu’est Gabin, Pierre Brasseur se taille la part du lion, grandiloquent, baroque et amoral, obsédé par les femmes et la faillite de son pire ennemi. Audiard résume leur antagonisme par une formule géniale, Brasseur disant à Gabin : « Dix couples chez toi, c’est une réception, chez moi, c’est une partouze. »

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