LES LUNDIS AU SOLEIL

Disponible dans le Pass Illimité
Pour un film multi récompensé en Espagne ( Goya du meilleur film!) qui doit plus à Ken Loach qu'à Claude François
Drame - 2003 - Espagne - 109 MIN - VM - Tous publics

Cinq ans après la fermeture du chantier naval espagnol sur lequel ils  travaillaient, Lino, José et Santa trainent leur désœuvrement entre le bar «La Naval», ouvert par un ancien collègue, le bac qu’ils prennent pour aller à la ville et leurs maisons respectives, où chacun tente de rentrer le plus tard possible. En cherchant du travail, en achetant des billets de loterie, ou en essayant d’obtenir un prêt bancaire, mais surtout en se retrouvant chaque jour pour discuter, tous essaient de croire qu’un lendemain est encore envisageable.

6.8 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Les lundis au soleil, c’est à peu près tout ce qui reste à Santa, José et Lino dans ce coin de Galice où ils errent, désœuvrés, depuis cinq ans que le chantier naval a fermé, les laissant sur le carreau. Il leur reste le lundi, et le mardi et le mercredi, et tous les jours de la semaine et du week-end, qui se ressemblent désormais. Lino continue à prendre le bac chaque semaine, pour aller à la ville, faire la queue dans un bureau d’embauche où tous les autres candidats sont plus jeunes et plus fringants que lui. José continue d’aimer sa femme, Ana, qui travaille encore, de nuit, dans une usine de conserverie de poisson. Santa continue de jouer le joli cœur auprès des femmes qu’il croise et de revendiquer sa fierté d’avoir cassé un lampadaire lors d’une grève —et pour lequel il refuse toujours de payer les 8000 pesetas de dommages et intérêt auxquels le tribunal l’a déjà condamné plusieurs fois.
Ces trois-là se retrouvent régulièrement devant une bière au comptoir du bar «La Naval», ouvert par un de leurs anciens collègues. Leur ardoise augmente et leur espoir s’amenuise, tandis qu’ils discutent avec le vieil Amador, de plus en plus alcoolique et confus, avec Reina, veilleur de nuit dans un immeuble en construction qui leur offre une vue imprenable sur le terrain de foot —mais, malheureusement, pas sur les cages de but !— ou avec Serguei, russe et spationaute qui a toujours une bonne blague en réserve sur le communisme et le capitalisme. Tout ce petit monde végète et se bat comme il peut pour exister, tenir le coup. Rester debout.« Les Lundis au soleil » est un film social, dans la lignée d’un Ken Loach ou d’un Robert Guédiguian, qui dessine une humanité chaleureuse et émouvante. Il y a une «force des faibles», elle est ici visible et palpable, elle s’appelle la dignité.
Mais parfois, quand tout vous accable, la dignité réside dans la façon la plus sûre d’en finir avec le malheur. Si Santa parvient encore et toujours à fanfaronner et à gueuler sa colère devant l’injustice du monde, les autres ont parfois bien du mal à croire en un possible futur. Il faudrait tout changer. Mais cette utopie-là est bel et bien morte. Ou alors partir aux Antipodes, là où tout est inversé : « Là bas, tu bosses alors qu’ici, non. Là-bas, tu baises, alors qu’ici, non ! » En tout cas, il reste l’amitié, la solidarité : si l’on est ensemble, on n’est pas tout à fait perdus…
Tout cela n’est pas très gai, et pourtant, c’est drôle, souvent. Comme dans cette scène où Santa, chargé d’endormir un petit garçon, lui raconte à sa façon la fable de « La Cigale et la Fourmi » —« La fourmi est une salope et une spéculatrice », s’emporte-t-il, avant de conclure : « Si tu nais cigale, t’es foutu ! ». Pas foutus, mais bien amochés, Santa, José, Lino et les autres sont Espagnols, mais ils pourraient être Français, Allemands, ou vivre dans l’un de ces nombreux coins du globe où l’on n’est personne sans un travail —ni aux yeux des autres, ni aux yeux des banques, ni à ses propres yeux. Laissés pour compte, mais vivants, ils sont nos semblables, nos frères. Les oublier reviendrait à nous oublier nous-même. 

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