LES MISÉRABLES

À partir de 2.99 €
Parce que c'est l'unique fois ou Lelouch adapte un roman, et encore!
Drame - 1995 - France - 167 MIN - VF - Tous publics

Le 1er janvier 1900, un aristocrate se suicide. Son chauffeur, Henri Fortin est convaincu de l’avoir tué. Il est condamné au bagne, avant de mourir lors d’une tentative d’évasion. Son fils, d’abord boxeur, se reconvertit en chauffeur. C’est ainsi qu’il sauve la vie d’une famille de juifs, les Ziman, pendant la guerre. Ceux-ci l’initient à la culture, et l’incitent à lire Les Misérables, de Victor Hugo, dans lequel Fortin reconnaît l’histoire de son père. Les Ziman sont dénoncés : André doit se cacher chez des paysans qui le rançonnent, Elise est déportée, alors que leur fille est mise à l’abri dans un couvent. La France est libérée : Fortin et les Ziman se retrouvent…

Réalisé par

6 / 10
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Les avis surSens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

On se souvient forcément de cette scène de La Nuit du chasseur, quand Robert Mitchum dont les phalanges sont sur une main ornées d’un tatouage où l’on peut lire le mot Hate et sur l’autre le mot Love, se tord les mains pour illustrer la lutte du bien et du mal… Les Misérables vu par Claude Lelouch est peu dans un cas de figure similaire, mais le combat qui parcours le film se situe davantage entre Lelouch et Victor Hugo. Tantôt c’est l’auteur de La Légende des siècles qui l’emporte, tantôt c’est celui d’Un homme et une femme. Et cette compétition homérique n’est pas le moindre attrait de ce film hors norme.
Hors norme parce que c’est la seule adaptation d’un roman que Lelouch a faite, le cinéaste préférant se baser sur des sujets originaux. Et pourtant, paradoxe incroyable, c’est aussi l’un de ses films les plus autobiographiques. Au chapitre des souvenirs personnels, seul le récent Ces amours-là peut se targuer d’aller plus loin. Bien entendu Lelouch n’est pas la réincarnation de Jean Valjean, mais nous l’avons dit Hugo et Lelouch se donnant la main, le film raconte également l’histoire d’une famille juive traquée par les nazis pendant la dernière guerre. Et de ce point de vue il n’est incongru de reconnaître le cinéaste sous les traits de la petite fille ballotée par les événements avant de trouver refuge chez les bonnes sœurs, d’autant que c’est sa propre fille, Salomé, qui lui prête ses traits. L’épisode de la descente des soldats allemands en classe, demandant aux garçons de baisser leur pantalon pour vérifier s’ils ne sont pas circoncis est authentique. Elle a dû suffisamment marquer Lelouch pour figurer ainsi dans plusieurs de ses films. L’épisode du train est en revanche spécifique aux Misérables, il est également parfaitement authentique. Si le policier français qui avait repéré que les papiers de la mère de Claude étaient faux avait été incorruptible, il est fort probable que l’on n’aurait jamais vu aucun film de Claude Lelouch…

Le cinéaste affirme que c’est à l’occasion de ce contrôle policier autant que ferroviaire que sa mère lui a parlé pour la première fois du roman de Victor Hugo. Mais notre homme ne le lira que plus tard, pendant sa période militaire, enfermé pendant quelques jours au fond d’un cachot. Claude Lelouch se reconnaît en Jean Valjean, alias Fortin dans le film qui nous intéresse : il partage avec lui la même soif de vivre, de triompher de l’adversité, mais aussi le même besoin d’apprendre, de se tourner vers les autres pour se construire. On ne peut qu’être subjugué par l’intelligence de la construction du film, bâti sur plusieurs niveaux, ce qui n’est d’ailleurs pas une première pour le signataire de Hasard et coïncidences. La plus grande gageure était de marier avec habileté ce qui n’appartenait pas à Hugo et ce qui venait de lui. Le film n’est évidemment pas une adaptation fidèle, qui a failli s’appeler Les Misérables du XXè siècle. Le résultat pourrait être brillant en restant un peu sec, un peu théorique. Or il n’en est rien. Les Misérables est au contraire l’un des films les plus émouvants que l’auteur des Uns et les autres ait jamais signé.

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