LES PLAGES D'AGNèS

Bientôt disponible
Parce que même consacrée, Varda innove en procurant une nouvelle forme à l'auto portrait
Politique / Histoire - 2008 - France - 110 MIN - Tous publics

Agnès Varda participe à une installation de miroirs sur une plage de la Mer du Nord. Elle évoque les lieux qui ont balisé sa vie de femme et de cinéaste. Bruxelles, où s’est déroulée son enfance, Sète, où elle s’éveille à différentes formes artistiques, à commencer par la photo, Paris, où elle devient photographe, puis cinéaste…

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Les avis surSens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

« Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi, si on m’ouvrait, on trouverait des plages » a dit d’elle Agnès Varda. Dans ce film, elle nous invite donc à la suivre de plage en plage, pour tourner les pages de sa vie, sa vie de tournages. Nous l’accompagnons ainsi à Ixelles, dans la banlieue de Bruxelles, où elle est née et a vécu ses vertes années. Puis à Sète, où sa famille a fui lorsque  les Allemands ont envahi le plat pays. Puis à Paris, où elle a trouvé son inspiration et s’est révélé une artiste éclectique et curieuse de tout. Puis Los Angeles, où elle a assisté à la naissance d’un monde nouveau. Avant de revenir à Paris, et à Noirmoutier, et à Nîmes, et à Nantes, et à Marseille…

Ce bouillonnement se retrouve naturellement dans le film. Une nouvelle fois inclassable. Ni documentaire ni fiction, Les Plages d’Agnès est une « rêverie », comme aime à la définir le rêveuse de la rue Daguerre. Viennent se mêler, s’entrechoquer même, différentes formes de cinémas. Du documentaire classique quand Agnès retrouve les lieux de sa jeunesse, et parfois ceux qui ne les ont pas quittés depuis qu’elle a pris son envol. Des images d’archives, des extraits de certains de ses films, lorsqu’ils sont en résonance avec des éléments directement biographiques, des scènes de fiction, où les souvenirs sont incarnés, etc. Sans oublier plusieurs séquences où l’artiste lâche la bride à son inspiration.  De fait pour être ludique, émouvant, drôle, pétillant, Les Plages d’Agnès n’en est pas moins le terrain de belles interrogations sur l’Art avec un grand A.

Mais le plus troublant dans cet autoportrait fait film, c’est que c’est Agnès Varda elle-même qui joue les guides du musée de sa vie. Elle nous invite à la suivre, à reculons puisque nous visitons ses souvenirs plutôt que ses projets. Et pour rester en cohérence avec elle-même, elle marche aussi à reculons. Une façon de ne pas perdre la caméra des yeux. Il existe évidemment des liens entre Les Plages d’Agnès et Jacquot de Nantes. Tous deux permettent de se retourner sur une vie de cinéma, de lier le créateur et sa création, De conjuguer la fantaisie et l’émotion. La dernière scène du film est à cet égard exemplaire, quand une horde d’amis envahit la maison de la rue Daguerre pour offrir à Agnès pour ses 80 ans… 80 balais. Rien n’est plus heureux que de savoir sérieusement ne pas se prendre au sérieux…

Réalisé par

7.4 / 10
Le contexte

Agnès Varda

C'est une autre occasion de remonter le fil du temps pour brosser le portrait d'un artiste

Agnès Varda

C'est encore une rêverie d'Agnès Varda dont le cinéma est l'axe central

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