LET'S GET LOST

À partir de 2.99 €
Documentaire - 2008 - Etats-Unis - 120 MIN - VO - Tous publics
Un an avant sa mort survenue en 1988, le photographe Bruce Weber entreprend un documentaire sur le trompettiste et chanteur de jazz Chet Baker, avec sa participation. Entre Santa Monica, Paris et Cannes, le cinéaste filme l'icône déchue ravagée par la dope et l'oppose à l'image glamour et juvénile de l'artiste des fifties. Le portrait retrace ainsi les années de gloire et la lente destruction du musicien, à travers des documents d'archives (photographies, émissions de TV, extraits de films) et des entretiens de ses proches (sa mère, ses compagnes, ses amis musiciens...). De nombreux morceaux musicaux traversent tout le documentaire.

Réalisé par

7.9 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Let’s Get Lost est un superbe documentaire. Il met en scène Chet Baker, célèbre trompettiste et chanteur de jazz américain des années 50. Ses enfants, sa vieille mère Véra, ses amis, les musiciens de jazz de la Côte Ouest avec lesquels il débuta, ses nombreuses femmes témoignent du parcours poignant de ce jazzman blanc à la voix douce et fragile qui suscitait la jalousie des musiciens noirs. Son itinéraire est retracé, de l’Oklahoma à la Californie, de New York à l’Europe. Portrait d’un rebelle photogénique, au talent inouï dont la sensibilité désespérée s’accordait à merveille aux ballades murmurées comme My Funny Valentine.

Le regard porté sur Chet Baker est celui d’un autre artiste, le photographe de mode Bruce Weber, réputé pour ses campagnes publicitaires pour Calvin Klein. Son œuvre est associée à l’utilisation du noir et blanc et la beauté de l’homme, comme le montrait déjà son premier documentaire, Broken Noses, sur un jeune boxeur. Un an plus tard, en 1987, entre Santa Monica, Paris et Cannes, Weber entreprend, toujours en noir et blanc, de filmer Chet Baker. A 58 ans, le visage creusé, marqué par des années de défonce, l’icône des fifties est brisée mais garde son aura envoutante. De toute évidence, le photographe fashion le filme amoureusement et l’érotise, fasciné par sa déchéance et l’histoire de ce visage. Weber travaille les éclairages, accentue les zones d’ombres, tisse avec le musicien une relation très intime, faite de gros plans.

Son montage joue constamment sur le contraste entre ce visage de toxicomane et les images d’archives et les nombreuses photos glamour de William Claxton, d’un romantisme juvénile. D’une photogénie à l’autre, plus mystérieuse, Bruce Weber trouve un équilibre émouvant. Les accords et la voix caressante du musicien n’ont plus qu’à se fondre dans ce portrait pudique et sensible.

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