LILI MARLEEN

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Parce que mi biopic mi mélo, le film de Fassbinder se révèle le plus ironique de son (prolifique) auteur.
Politique / Histoire - 1981 - Allemagne - 120 MIN - Tous publics

En 1938, à Zurich, Willie est une chanteuse allemande amoureuse d’un musicien juif, Robert Mendelsson. Mais la famille de ce dernier voit leur union d’un sale œil et son père, David, riche avocat d’affaire qui dirige une organisation clandestine venant en aide aux réfugiés juifs en leur fournissant des faux papiers, s’arrange pour que Willie accompagne Robert en Allemagne au cours d’une ce ses « missions », et ne puisse plus rentrer en Suisse. La guerre éclate, les amants sont séparés. A Berlin, la jeune femme devient l’égérie du IIIe Reich grâce à la chanson « Lili Marleen », qui accompagne les soldats au front. Robert prend des risques pour la revoir et il est arrêté par la Gestapo ; espérant l’aider, Willie va chanter en Pologne et y récupère un film attestant l’existence des camps de concentration, mais elle est dénoncée et mise sur la liste noire. 

7.1 / 10
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2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Librement inspiré de la vie de Lale Andersen, chanteuse allemande qui a immortalisé la chanson «Lili Marleen» pendant la seconde guerre mondiale (avant Marlene Dietrich) et qui est devenue la figure de proue du IIIe Reich, Lili Marleen raconte une femme dans la tourmente de l’Allemagne nazie.

Il est une pierre supplémentaire à la trilogie féminine constituée par Le Mariage de Maria Braun (1978), Le Secret de Veronika Voss (1982) et Lola, une femme allemande (1981), dont les intrigues se situent respectivement pendant, juste après et dix ans après la guerre. Cette grosse production au casting international, mêlant l’Italien Giancarlo Giannini (Robert) et l’Américain Mel Ferrer (son père), à certaines des figures habituelles de sa troupe, comme Hark Bohm, Karl-Heinz von Hassel, Erik Schumann et Udo Kier, a été proposée à Fassbinder à la demande de Hanna Schygulla. Produit par Luggi Waldleitner, qui fut assistant caméra sur Les Dieux du Stade de Leni Riefenstahl, et était donc une personnalité controversée, Lili Marleen a semé le trouble dans l’esprit des journalistes allemands, déjà persuadés que le réalisateur n’était pas forcément très clair dans ses opinions politiques. A revoir le film aujourd’hui, il est on ne peut plus limpide et frappe surtout par sa modernité de ton. Trente cinq ans après la fin de la guerre, le cinéma se devait d’être manichéen, de distribuer les bons et les mauvais point, de blanchir les innocents et de huer les coupables. Lili Marleen ne fait rien de tout cela, il restitue une époque dans sa complexité et atteste que chacun a ses raisons, sans donner d’excuses à personne. Les horreurs de la guerre sont toujours montrées en contrepoint de l’ascension de Willie, et les paroles nostalgiques de la chanson, contrebalancées par la violence des images.

Lili Marleen est le dernier film où Fassbinder dirige Hanna Schygulla, et il mourra deux ans plus tard, le 10 juin 1982, à l’âge de 37 ans. Leur association est riche de plusieurs pièces et téléfilms (dont la série Berlin Alexanderplatz) et treize films pour le cinéma, parmi lesquels L’Amour est plus froid que la mort, Le Marchand des quatre saisons, Les Larmes amères de Petra von Kant, Effi Briest et La Troisième génération.

Contexte

Hanna Schygulla

Une fresque historique sur la deuxième guerre mondiale, tournée la même année que Lili Marleen, dans les studios de la Bavaria.

Rainer Werner Fassbinder

L’histoire d’une riche famille d’industriels allemands sous le IIIe Reich et une fresque grandiose sur la montée du nazisme.

LE MARIAGE DE MARIA BRAUN DE RW FASSBINDER (DIE EHE DER MARIA BRAUN, 1978)

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