Lola Montès

À partir de 9.99 €
Parce que rarement classique aussi incontesté se ramassa une telle gifle commerciale à sa sortie
Drame - 1955 - Allemagne | France - 110 MIN - VF - Tous publics
Maria Dolorès Porriz y Montez, comtesse de Lansfeld, dite Lola Montès, est exhibée dans un cirque.
La troupe mime et raconte sa vie, tandis que les spectateurs, moyennant finance, peuvent poser les questions les plus indiscrètes à la belle déchue.
C’est ainsi que les souvenirs de Lola reviennent.
En flash-backs, sept périodes de sa vie sont illustrés. La première se déroule dans une auberge italienne en 1844, au moment où Lola et le musicien Franz Liszt décident de mettre un terme à leur relation.

Réalisé par

7 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Philippe Rouyer
Philippe Rouyer
CHRONIQUEUR

Après les succès de La Ronde, Le Plaisir et Madame de, le réalisateur Max Ophuls se laisse tenter, au milieu des années 50, par une superproduction. Il choisit de s’essayer à la couleur et à l’écran large pour évoquer la vie de Lola Montès, une comtesse et courtisane qui a réellement existé au XIXe siècle.

Mais, s’il parvient à réaliser son film à peu près comme il l’entend, son producteur Albert Caraco qui dirige la Gamma Film, a autre chose en tête. Il veut produire un grand spectacle historique avec la vedette du moment, Martine Carol, qui pourrait pour l’occasion se prêter à quelques sensuels dévoilements.
Comme dans la série des Caroline Chérie qui l’ont fait connaître et dont Gamma cherche obstinément à retrouver le succès en associant Cecil Saint-Laurent, le romancier des Caroline chérie, au scénario de Lola Montès. Or le livre de Saint-Laurent sur Lola Montès ne sortira en librairie que bien plus tard, en 1972, et on sait maintenant qu’Ophuls n’a emprunté au romancier que quelques noms de lieux et de personnages. Loin des reconstitutions historiques académiques, le scénario de son film n’a rien de linéaire.
Il se présente sous forme de flash-backs, insérés dans un spectacle de cirque dans lequel Lola Montèes est exhibée devant un public voyeur, curieux de voir la déchéance d’une femme du monde.
Pour cela, Ophuls n’a pas hésité à détourner l’image de Martine Carol.
Il l’a teinte en brune et s’est servi des limites de son talent de comédienne pour montrer les failles de son héroïne. Surtout, il a gommé son aura de star pour l’enfermer dans un rôle crépusculaire.

Lors de ses premières représentations, en décembre 1955, Lola Montès a tellement dérouté ses spectateurs que les CRS ont dû intervenir pour contenir la foule mécontente dans un cinéma des Champs-Elysées. De son côté, la critique a été divisée, mais le film a bénéficié de l’appui de sept cinéastes prestigieux parmi lesquels Jacques Tati, Jacques Becker, Alexandre Astruc et Roberto Rossellini sous forme d’une déclaration commune publiée dans Le Figaro.

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