MAX

Bientôt disponible
Parce que Budapest joue bien Munich années 20 au cinéma
Politique / Histoire - 2003 - Canada | Grande-Bretagne - 106 MIN - Tous publics

Max Rothman sort de la guerre de 1914 avec un bras en moins. Mais son gout pour la peinture est intact. Riche marchand d’art juif, il se prend d’amitié pour un jeune peintre, lui aussi démobilisé, Adolf Hitler. Il voit en lui des potentialités qu’il aimerait concourir à faire découvrir. Mais si Hitler aime peindre, il aime davantage encore l’action politique. Ses idées ultranationalistes et antisémites reçoivent une oreille attentive dans une partie de la population. Un soir, la foule, chauffée à blanc par son discours, s’attaque aux juifs de rencontre. Max est tué… au moment où il allait annoncer à Hitler qu’il pourrait lui consacrer une exposition.

Réalisé par

6.2 / 10
1MNavant
2MNaprès
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

De Cabaret aux Damnés, en passant par L’œuf du serpent, les films montrant l’éclosion du nazisme dans les années 30 sont nombreux, et ceux qui décrivent les ravages de la guerre se comptent par centaines. L’idée de remonter aux origines de l’idéologie nazie, d’en chercher la source est beaucoup plus originale. L’action de Max se déroule à Munich en 1918. L’Allemagne vient de perdre la guerre, elle a du mal à digérer sa défaite. Dans un pays qui peine à trouver son équilibre économique, moral, démocratique, les idées extrémistes prospèrent. Et les faux prophètes à la triste figure arpentent les rues à la recherche d’oreilles attentives. C’est le cas d’Adolf Hitler, un soldat démobilisé qui oscille entre délires nationalistes et velléités artistiques. Comme on sait, les premières l’ayant emporté sur les secondes, le monde plongea dans l’apocalypse... Sans qu’il soit possible de déterminer dans quelles proportions l’Histoire devient l’otage de l’auteur de Mein Kampf et dans quelle mesure le futur dictateur est lui-même le fruit vénéneux d’une situation historique potentiellement explosive.

Le film donne évidemment à réfléchir sur les aléas de l’Histoire – avec un grand H – en confrontant Hitler à Max, riche amateur d’art, qui n’est pas totalement insensible au talent du jeune homme, qui se pique de devenir peintre. L’ironie de l’histoire, c’est que ce riche bourgeois est juif et qu’avant de pouvoir aider l’artiste en herbe, il est victime d’une foule décérébrée, justement chauffée à blanc par les diatribes vénéneuses de son poulain.

Dans la réalité Max n’a pas existé. Le personnage est une sorte de condensé de plusieurs amateurs d’art de l’époque. Mais l’atmosphère pour le moins poisseuse que le film décrit est des plus réalistes. Le Munich du XXIè siècle n’ayant plus aucun trait commun avec celui de l’après première guerre, c’est à Budapest que le tournage a eu lieu. C’est l’avantage des villes d’Europe centrale que de conserver une identité que les cités des pays occidentaux ont perdue depuis belle lurette. Combien de productions récentes, plutôt que de chercher à reconstituer le Paris des années 50 se sont transportées à Prague...

En tous cas, l’effet est saisissant et ne serait quelques outrances dans la définition parfois un peu schématique des personnages secondaires, on s’y croirait. Le réalisateur s’est visiblement attaché à dessiner un Hitler crédible, un paumé plein de ressentiment et de rage, qui peine à trouver le moyen de canaliser sa frustration et son dégout. Avant de découvrir que son magnétisme sur les foules est la plus enivrante des drogues.

Contexte

Bien que situe quelques annees plus tard, il decrit egalement l'ambiance empoisonnee dans une Allemagne qui s'installe dans le nazisme.

Menno Meyjes

Il relate le lien entre la partie intime et l'engagement politique d'un dictateur

HAUTE FIDELITE

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