Bande Annonce de MEAN STREETSDécouvrez la bande Annonce de MEAN STREETS sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/2547/fond/2547_w_500.jpg
Martin Scorsese
Amy RobinsonDavid ProvalHarvey KeitelRichard RomanusRobert de NiroCesare DanovaDavid CarradineGeorge MemmoliJeannie BellLenny ScalettaMurray MostonVictor Argo

MEAN STREETS

108 mn

Note de SensCritique :

7.2 / 10
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Réalisateur : Martin Scorsese.

Casting : Amy Robinson, David Proval, Harvey Keitel, Richard Romanus, Robert de Niro, Cesare Danova, David Carradine, George Memmoli, Jeannie Bell, Lenny Scaletta, Murray Moston. Victor Argo

Synopsis : Charlie et Johnny Boy sont deux copains d’enfance du quartier de Little Italy. Très marqué par la religion, le premier a pour maîtresse une jeune femme épileptique qui rêve de quitter le quartier. Mais Charlie ne veut pas en entendre parler : il veut rester dans les lieux de son enfance et s’y établir comme restaurateur, grâce à son oncle un peu mafieux. Johnny Boy est quant à lui perpétuellement en dettes. Il ne veut pas travailler. Seules les cartes et les conneries l’intéressent. Mais il ne prend pas ses créanciers au sérieux. Malgré les avertissements de Charlie, il finit par se faire descendre.

Scénario : Mardik Martin, Martin Scorsese.
Musique : Rolling Stones.
Tags : Drame, Policier / Suspense, Virilement votre..., Meurtre, Gangsters, Jeux de hasard, Amitié.

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Mean Streets n’est pas le premier film de Martin Scorsese. Who’s knocking at my door et Bertha Boxcar lui sont antérieurs. Mais c’est le premier film réellement marquant du cinéaste, qui entre dès lors et pour toujours dans la cour des grands. Son long métrage suivant, Taxi driver le confirmera en décrochant la Palme d’or à Cannes. Ouvrant un boulevard au cinéaste qui bâtira dès lors l’une des œuvres les plus marquantes du cinéma contemporain.
Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’heure, nous sommes encore en 1973 et le jeune Scorsese n’a dépassé la trentaine que depuis peu. Le scénario de Mean Streets, cela fait plus de sept ans qu’il le réécrit en permanence, pour coller au plus près de ce qu’il perçoit des battements de cœur de son quartier, Little Italy. La petite Italie. Soit quelques blocs de maisons au sud de Manhattan, collés à Chinatown. Mais ces quelques blocs forment une ville dans la ville, ils sont l’identité, ils sont la patrie de ceux qui l’habitent, en majorité d’origine italienne. On sent dès les premières images, on sait dès les premières scènes que Martin Scorsese a mis beaucoup de lui-même dans le portrait des paumés " qu'aimeraient avoir l’air - mais qu’ont pas l’air du tout " entre leurs rêves petit-bourgeois et leur quotidien sans horizon. Charlie, Johnny Boy et les autres, Scorsese les a fréquentés, il était presque l’un d’entre eux. Mais de son propre aveu, sa bande à lui n’était pas très violente. Contrairement à celle de Hester Street, à quelques encablures de là. Comme Charlie, Scorsese avait un oncle un brin mafieux. Mais il était mort au moment du tournage. « Sinon, je n’aurais jamais osé faire ce film, il m’aurait tué » a dit Scorsese.

Mean Streets démarre doucement, comme s’il fallait donner du temps au film pour qu’il s’affranchisse de ses aspects naturalistes pour déboucher sur le mélodrame. Certaines scènes semblent improvisées, comme celle où de Niro et Keitel se battent avec des couvercles de poubelles. Mais il n’en est rien. Dix jours de répétition avaient avant le tournage permis de mettre au point toutes les scènes. Y compris les plus folles, celle de la bagarre autour du billard par exemple.

Martin Scorsese a défini le film comme « un opéra, un opéra désinvolte, intense et violent, à la fois très fidèle à la réalité et très stylisé. Il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. Ce qui constitue l’histoire, ce sont les personnages, leurs rapports personnels, leurs émotions à fleur de peau ».

De ce point de vue Robert de Niro et Harvey Keitel font des merveilles. A l’époque nous connaissions mal les deux comédiens, nous ne savions pas quel était leur potentiel, leur capacité à se dépasser perpétuellement, jusqu’au vertige. Mais Mean Streets est de ce point de vue une belle entrée en matière.  

Le titre du film provient d’une phrase de Raymond Chandler, l’un des maîtres du roman noir : « Down these mean streets a man must go ». Un façon de dire que Scorsese a pris un malin plaisir à mélanger témoignages personnels et citations littéraires, cinéphiles ou religieuses.

Ce qui n’empêche en rien le film de dégager un parfum d’authenticité inhabituelle. Rarement un film avait aussi bien su nous faire vivre au rythme de ses personnages. Avec Mean streets nous sommes tous newyorkais. Et pourtant, magie du cinéma, le film a principalement été tourné à Los Angeles, majoritairement il est vrai pour les scènes d’intérieur. Mais si nous y croyons avec autant de ferveur c’est parce que Scorsese nous entraîne dans une sorte de film de famille, un reportage intime avant d’élargir peu à peu son champ. Caméra sur l’épaule, lorgnant par moments sur le cinéma de Cassavetes, privilégiant les déliés plutôt que les pleins, Scorsese trouve son style. Et les comédiens nous bluffent. Ils ne donnent pas une seule fois le sentiment qu’ils jouent, nous  procurant un sentiment durable de malaise et d’instabilité. On ne sait jamais de quel côté ils vont verser,  et si un sourire ne va pas se retourner pour déboucher sur une acte de violence paroxystique.

Entre Scorsese et New York, l’amour est fusionnel. Notre homme est définitivement LE cinéaste newyorkais. Autant que Woody Allen. Davantage même que Woody Allen qui depuis dix ans est infidèle à sa ville au profit des capitales européennes, Londres, Barcelone, Paris et bientôt Rome. De Mean Streets aux Infiltrés, en passant par Taxi Driver, Gangs of New York et bien d’autres, personne n’a su, film après film, aussi bien rendre compte des transformations physiques, sociologiques ou symboliques de la ville qu’il aime et qu’il déteste à la fois. Comme si New York permettait de cristalliser les contradictions de cet ancien séminariste fasciné par la violence, le péché et les débordements en tous genres. Tout comme Bertha Boxcar, qui se termine par une crucifixion, Mean Streets affiche clairement les élans religieux de son auteur. Ce n’est pas par hasard si c’est la voix de Scorsese que l’on entend lorsque Harvey Keitel prie, au début du film. Mais c’est également Scorsese qui prête ses traits au tueur qui finira par avoir la peau de Johnny Boy. Au fond tout est affaire de rédemption.

Après avoir pensé demander à Bruce Dern ou Jon Voight d’incarner les deux personnages principaux, Scorsese s’est tourné vers deux comédiens moins connus. Et s’il avait déjà dirigé Harvey Keitel, il ne connaissait Robert de Niro que par la bande, depuis que Brian de Palma le lui avait présenté. C’est peu dire que ces deux-là vont s’entendre comme larrons en foire. Et personne ne sera aussi justement que de Niro l’incarnation du héros scorsesien, pétri de contradictions et tenté par la violence. Pour Spielberg : « Marty et Bobby de Niro se ressemblent beaucoup. Ils sont comme des frères. Il y a quelque chose chez Bobby qui en fait l’alter ego de Marty et c’est ce qui permet à Marty de rendre Bobby aussi violent. Bobby va jusqu’au bout, quitte à perdre le contrôle, mais Marty reste toujours maître de la situation. Bobby est remarquable en étant ce que Marty aurait été s’il n’avait pas été cinéaste ».

Autobiographique, le film l’est également par ses citations musicales ou cinéphiles. D’où une bande-son d’une richesse exceptionnelle, où les Rolling Stones côtoient le bel canto. Et quelques extraits en situation de films que notre homme chérit. La Prisonnière du désert, de John Ford, La Tombe de Ligeia, de Roger Corman et Règlements de compte, de Fritz Lang. Joli choix.

Peut-être une façon de payer ses dettes. Roger Corman qui, dans ces années-là ne rechignait pas à mettre le pied à l’étrier de quelques jeunes talents, avait produit Bertha Boxcar. Il s’apprêtait à faire de même pour Mean Streets, mais à la condition que les acteurs soient tous noirs. Scorsese a hésité un instant avant de repousser la proposition. Pas facile à faire. Et il a quand même fait son film, avec une enveloppe assez modeste : 500 000 dollars. Le tournage a duré 27 jours, ce qui est fort raisonnable. Huit jours à New York et dix-neuf à Los Angeles. Les dates étaient choisies pour pouvoir profiter de la fête de San Gennaro, moment clé s’il en est pour les habitants de Little Italy qui pour l’occasion descendent tous dans la rue.

Fellini verra Mean Streets et dira à qui veut bien l’entendre que c’était le meilleur film américain qu’il avait vu depuis dix ans. On lui laissera volontiers le mot de la fin.

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