Bande Annonce de MILLER'S CROSSINGDécouvrez la bande Annonce de MILLER'S CROSSING sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/5946/fond/5946_w_500.jpg
Ethan Coen
Albert FinneyGabriel ByrneJohn TurturroJon PolitoMarcia Gay HardenAl ManciniJe FreemanMike StarrRichard WoodsSteve Buscemi

MILLER'S CROSSING

110 mn

Note de SensCritique :

7.4 / 10
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Réalisateur : Ethan Coen, Joel Coen.

Casting : Albert Finney, Gabriel Byrne, John Turturro, Jon Polito, Marcia Gay Harden, Al Mancini, Je Freeman, Mike Starr, Richard Woods. Steve Buscemi

Synopsis : Alors que la Prohibition enrichit la pègre, un caïd voit son autorité remise en cause par le chef d'un autre gang. Ce dernier exige que notre homme lui livre une petite frappe qui lui a manqué de respect. Mais il ne peut pas, celui-ci étant par ailleurs le frère de sa petite amie. Il est vrai qu'il ignore que la demoiselle se donne également à un autre homme, qui n'est autre que son bras droit... Tous les éléments sont en place pour que la violence s'empare de la ville...

Scénario : Ethan Coen, Joel Coen.
Musique : Carter Burwell.
Pays : Etats-Unis d'Amérique
Tags : Policier / Suspense, PLUS D'ACTION, néo-noir.

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Nous sommes dans les années 30, au temps de la Prohibition. La ville américaine dans laquelle se situe l’action n’est pas identifiée, mais elle vaut pour toutes les villes. Qui, comme elle, sont gangrenées par une mafia omniprésente, devant laquelle les élus, corrompus jusqu’à la moelle, se prosternent, soumis. La situation de base est classique, mais cela se complique un tantinet quand on entre dans les détails des relations entre les différents gangsters, qui visent tous à prendre l’avantage, quitte à trahir les amis de la veille. Disons-le tout net, les micmacs de ce petit monde recèlent une certaine part d’opacité. Qui n’est pas rédhibitoire à la  compréhension de l’intrigue, mais souligne la duplicité des uns et des autres, lesquels se livrent à un jeu de rôles mortel. Autant dire que nous sommes à mille lieux des polars qui cognent et dont les effets pyrotechniques constituent l’argument principal.

Il est clair que les Coen se sont ingénié à multiplier les pistes, en guise d’hommage aux films de gangsters de la grande époque. Nous ne sommes pas dans la parodie, mais parfois la marge est étroite tant il est évident que les auteurs s’amusent. En fait le monde des Coen n’a jamais cessé d’être référentiel, de flirter en permanence avec le second degré, et souvent davantage si affinité. Leurs films les plus graves comportent toujours une petite part de folie qui les empêche d’être définitivement pris au sérieux. Et leurs films les plus fous recèlent parallèlement une part de mystère, voire de malaise qui fait que nous ne les prenons jamais à la légère. Les Coen ne font rien au hasard. Si certains de leurs films sont évidemment plus aboutis que d’autres, force est de reconnaître que les frontières de leur univers étaient fixées dès leur premier film, Blood simple, sorti en France pour la première fois sous le titre de Sang pour sang. Du noir. Du noir poisseux. Poisseux mais ludique. A l’image ô combien effrayante et risible à la fois de ce tueur incarné par Javier Bardem dans No country for old men qui dézingue ses victimes à l’air comprimé.

Pour Miller’s Crossing, en tous cas les Coen ont joué avec les codes comme un chat avec une souris. Les clins d’œil ne sont pas tous appuyés, mais ils sont nombreux. Un exemple ? Lorsque Tom entre dans la pièce de Johnson, on aperçoit une affiche qui annonce un combat de boxe entre Johnson et Lars Thorvald. Or Lars Thorvald n'est autre que celui qui a assassiné sa femme dans Fenêtre sur cour, d'Alfred Hitchcock.

Miller’s crossing est le troisième film des Coen, Après Blood simple et Arizona Junior, plus exubérant encore. Pour ne pas dire franchement délirant. Il faut dire que cette histoire d’enlèvement d’enfant par un ancien détenu en couple avec une femme-flic ne fait pas dans la dentelle. Miller’s crossing est à côté un film presque janséniste, et ne seraient quelques éclairs de folie dans une réplique, quelques cristaux de cynisme pur dans une réflexion inopinée, quelques éclats de cruauté dans un regard, nous pourrions presque douter que les Coen sont aux commandes.

Nous l’avons dit, le scénario est d’une densité peu commune. Pourtant les frères l’avouent : ils ont traversé pendant l’écriture quelques moments de doute. Ce que d’aucuns nomment l’angoisse de la page blanche. Les frères n’ont alors fait ni une ni deux, ils sont partis trois semaines en vacances. Et c’est pendant ce laps de temps qu’ils ont tiré profit de leur soudaine inactivité pour écrire le scénario de Barton Fink. L’histoire d’un écrivain qui ne parvient pas à écrire… Les deux films sont vraiment cousins. D’ailleurs le nom de la résidence de Tom Reagan dans Miller's Crossing est "The Barton Arms". Les bras de Barton. Et l'article de journal titré "Sept morts dans l'incendie d'un hôtel" adresse également une œillade au film suivant. Rappelons que ce quatrième film de Joel et Ethan Coen leur vaudra de recevoir la Palme d’or à Cannes. Comme quoi la panne d’inspiration peut être éminemment productive.

L’une des raisons pour lesquelles on se sent immédiatement en terrain connu, j’allais dire en famille, dans un film des Coen, tient à la grande fidélité des cinéastes à leurs comédiens. Miller's Crossing marque par exemple l’arrivée de Steve Buscemi, qui joue le personnage de Mink, chez les Coen. Il tournera par la suite cinq autres films sous leur direction, dont le génialissime Fargo. Quant à Frances McDormand, qui est à la ville l’épouse de Joel, elle est présente dans tous leurs films. Quitte à se contenter d’une figuration, comme ici, où elle campe la secrétaire du maire. Sam Raimi, le réalisateur de Evil Dead, qui a plus d’une fois travaillé avec les Coen, qui ont été ses assistants et ses coscénaristes, est également de la partie. Le tireur ricanant, c’est lui… 

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