MISHIMA, UNE VIE EN QUATRE CHAPITRES

À partir de 2.99 €
Pour la dimension particulière du hara-kiri filmé par le scénariste de Taxi Driver
Aventure / Action - 1985 - Etats-Unis - 120 MIN - VO - Tous publics

La vie de Mishima est évoquée en quatre chapitres :

- Beauté. Adolescent fragile, Mishima est élevé par sa grand-mère. Il est fasciné par le corps humain mais échoue à se faire engager dans l’armée.

- Art. Il se réfugie dans l’écriture, et devient un auteur reconnu. Il prend alors conscience de son homosexualité.

- Action. Obsédé par le décadence de son pays, l’homme de lettres fonde un groupuscule paramilitaire d’extrême-droite.

- Harmonie de la plume et du sabre. Le 25 novembre 1970, il prend un général en otage, obtient de faire un discours et se fait hara-kiri.

Réalisé par

7.4 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Mishima, comme son titre l’indique est un film sur… Mishima. Yukio Mishima, l’un des plus célèbres écrivains japonais dont l’aura est d’autant plus forte que son parcours est aussi original que son œuvre elle-même, notre homme ayant mis fin à ses jours de façon spectaculaire en pratiquant le seppuku, le nom japonais de ce que nous autres occidentaux appelons de façon impropre hara-kiri. Le film retrace la vie de cet homme fascinant autant que perturbé, mêlant la sphère privée et l’image publique. Depuis la petite enfance quand Mishima est élevé par sa grand-mère, une femme aussi cultivée qu’autoritaire, jusqu’à sa mort, au moment où il enfonce la lame de son poignard dans son ventre dénudé.

Le film dépeint évidemment sa passion pour la littérature, son credo ultranationaliste et son aversion pour le délitement des valeurs, son angoisse de la déchéance physique et son corollaire, l’exaltation du corps, sans oublier son inclination homosexuelle. Mais Schrader a choisi de ne pas nous livrer un biopic de facture classique. Il mêle les scènes réalistes aux images mentales, les séquences hyper-théâtralisées à un cinéma presque documentaire. La structure narrative du film est elle-même sophistiquée, qui découpe l’histoire en quatre parties distinctes, les trois premières étant adaptées de ses livres et la dernière relatant ses derniers instants, le tout étant enrichi de souvenirs d’enfance.

C’est peu dire que Schrader s’est régalé à ce qui peut sembler être un exercice de style mais relève au final d’une tentative ambitieuse de traduire en images l’imaginaire d’un artiste peu commun et bourré de contradictions. De nature chétive, il se sculptera un corps d’athlète. Vivant à l’occidentale, il n’en sera pas moins le chantre intransigeant d’une certaine idée du Japon éternel. Prônant une certaine rectitude morale, il devra laisser libre cours à ses démons, de l’homosexualité à une certaine forme de masochisme, son idéal en la matière étant Saint-Sébastien, dont le supplice ne manquait pas de le fasciner. De quoi provoquer stupeur et tremblements chez le spectateur, pour reprendre le titre du roman d’Amélie Nothomb, romancière nippophile s’il en est.

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