MORT À VENISE

À partir de 2.99 €
Parce que Dirk Bogarde s'y est inspiré de l'apparence de Gustav Mahler
Drame - 1971 - France|Italie - 125 MIN - VM - Tous publics

En 1911, le Professeur Gustav von Ashenbach, musicien et compositeur munichois, se rend à Venise pour y reposer son cœur malade et reprendre son souffle artistique. Mais, parmi la foule bruissante du luxueux salon du Grand Hôtel des Bains, au Lido, son œil est attiré par un visage pur et angélique. C’est celui de Tadzio, un adolescent polonais en villégiature avec sa mère, ses trois sœurs et leur gouvernante. Le vieil homme fasciné épie le jeune garçon, recherche sa présence autant qu’il la redoute. Il prend conscience de son âge, de la fragilité de toute chose et de la puissance de la beauté. 

Réalisé par

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Les avis sur Sens Critique
Isabelle Danel
Isabelle Danel
CHRONIQUEUR

Qu’est-ce que la beauté ? La perfection existe-t-elle dans la nature ou peut-elle être créée par le"labeur" ? En adaptant La Mort à Venise, le court roman de Thomas Mann publié en 1912 et qu’il admire depuis toujours, Luchino Visconti, alors âgé de 65 ans, s’approprie un sujet qui lui tient à cœur et qui prend des résonances autobiographiques.

Dans ce portrait d’un artiste vieillissant du début du siècle, questionnant son rapport à l’art et à l’idéal, il transforme, en compagnie de son scénariste Nicola Badalucco, l’écrivain du roman de Thomas Mann en un compositeur de musique. Ce qui fait de l'Adagietto de la 5e symphonie de Gustav Mahler (auquel le personnage doit par ailleurs son prénom) la musique prédestinée au film, son accompagnement, son âme...

La mort est ici omniprésente, annoncée dans le titre, évoquée lors du premier flash back, et rongeant peu à peu le personnage principal ainsi que la ville, puisqu’une épidémie de choléra se propage à Venise et la dégrade à vue d’œil –chaux vive laissant des traînées blanches, feux dégageant des fumées noires… La beauté, elle, est la quête absolue : Thomas Mann affirme l’impuissance de l’art à la créer, ne lui reconnaissant que la capacité à la célébrer.

Luchino Visconti s’est attaché, en mettant ses pas dans les traces de l’auteur, à créer un film presque parfait et qui touche à l’universel. Le cinéaste a un avantage sur son prédécesseur : il sait, lui, ce qui est advenu en 1914 à cette Europe qu’on retrouve rassemblée dans un hôtel de luxe où se croisent Polonais, Allemands, Italiens, Français... Il suggère à travers la décadence d’un personnage qui se croyait au-dessus de la mêlée, la décadence des peuples qui se sont retrouvés en guerre peu de temps après.
Pour nourrir le personnage de Gustav, il emprunte des passages à un autre roman de Mann, Le Docteur Faustus. Tandis que Silvana Mangano, en chapeau et voilette, semble flotter comme un fantôme, le jeune Björn Andresen prend des poses en costume de marin ou en maillot de bain rayé. Et Dirk Bogarde derrière ses lunettes exprime les ravages de la passion et les contradictions humaines.

En 1971, Visconti a reçu, pour Mort à Venise et l’ensemble de son œuvre, le Prix du 25e anniversaire au Festival de Cannes.

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