NOTRE JOUR VIENDRA

Bientôt disponible
Comédie - 2010 - France - 95 MIN - interdit aux moins de 12 ans

Rémy n’a ni peuple, ni pays, ni armée : il est roux. Souvent moqué par ses camarades et sa famille, il semble avoir trouvé attention et amitié auprès de Gaëlle, rencontrée sur un réseau de jeux fantastiques. Bientôt, il fait la connaissance de Patrick, un assistant social désabusé et roux, lui aussi. Ensemble, ils entament une quête hallucinée vers l’Irlande et la liberté.

Réalisé par

6.6 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Laurent Bourdon
Laurent Bourdon
CHRONIQUEUR

« On ne peut pas être le fils de Costa-Gavras impunément », affirmait Vincent Cassel à l’occasion de la sortie de Notre jour viendra, en septembre 2010. En effet, le réalisateur Romain Gavras est né en 1981, alors que son illustre papa venait de tourner Clair de femme, avec Romy Schneider et Yves Montand, et qu’il préparait Missing, avec Jack Lemmon et Sissy Spacek, futur Oscar de la meilleure adaptation.

 

Comme Obelix, qui est tombé dedans quand il était petit, c’est assez naturellement que le jeune homme s’orienta vers la mise en scène, créant, très tôt, vers 13-14 ans, en collaboration avec son sulfureux camarade Kim Chapiron – lui-même fils du graphiste Kiki Picasso (sans rapport avec le peintre !) – et, avec le soutien de Vincent Cassel – déjà –, une structure, à la fois « collectif d'artistes » et « société de production », baptisée Kourtrajmé. Et des kourtrajmés, enfin je veux dire des courts métrages, ils vont en tourner plusieurs, dont la Barbichette, en 2002, réalisé par Kim Chapiron, éclairé par Romain Gavras et interprété par Vincent Cassel et Olivier Barthélémy.

 

C’est en réalisant des clips que Romain Gavras se fera particulièrement remarquer, provoquant même la polémique avec des images extrêmement violentes – voire gore – pour le morceau intitulé Stress, du groupe électro Justice, et pour Born Free, de la chanteuse anglaise de hip-hop M.I.A., dans lequel – déjà ! – un groupe de roux était confronté aux violences, à priori gratuites, d’une armée de brutes anti-roux. C’est dans ce même clip que l’on pouvait voir une fresque intitulée « Our day will come », autrement dit : « Notre jour viendra » ! La rousseur ou, plus exactement, le roux est donc un thème récurrent, voire une obsession, dans l’œuvre du jeune cinéaste puisque Notre jour viendra, son premier long métrage, met en scène deux personnages d'asociaux, Rémy (Olivier Barthélémy), jeune homme renfermé et toujours humilié, et Patrick (Vincent Cassel), psy nihiliste et provocateur, qui, à la recherche de sensations fortes, vont imaginer appartenir à la communauté des roux, et justifier, ainsi, leur révolte, en même temps que cette « quête hallucinée vers l’Irlande et la liberté », comme Romain Gavras qualifie, lui-même, son film en forme de road movie, pour le moins, déroutant.

 

Notre jour viendra marque la quatrième rencontre d’Olivier Barthélémy et Vincent Cassel, qui venait de remporter le César du meilleur acteur pour son incarnation de Jacques Mesrine dans l’Instinct de mort et l’Ennemi public n°1, le fameux diptyque de Jean-François Richet. Dans le rôle du réceptionniste, vous reconnaîtrez peut-être Pierre Boulanger, Momo, le jeune partenaire d’Omar Sharif dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran et revu, depuis, dans Nos 18 ans, de Frédéric Berthe. 

Contexte

Vincent Cassel

Romain Gavras

SUR MES LÈVRES (2001)

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