PIERROT LE FOU

À partir de 2.99 €
« Tendre et cruel, réel et surréel, terrifiant et marrant, nocturne et diurne, solite et insolite, beau comme tout : Pierrot le fou » Jean Paul Belmondo, Anna Karina, Jean Luc Godard, Porquerolles. 1965
Policier / Suspense - 1965 - France|Italie - 105 MIN - VF - Tous publics

Ferdinand quitte sa femme au cours d’une soirée mondaine qui l’insupporte. Il rentre chez lui et retrouve Marianne, la baby sitter, qu’il a jadis aimée. Il décide de partir avec elle à travers la France. Mais ils sont tous deux rapidement poursuivis par des gangsters, Marianne ayant trempé dans des affaires louches. Ils n’en ont cure, tout occupés par leur amour qui s’est réveillé. Pourtant Ferdinand n’aime rien tant que les livres et Marianne s’ennuie assez vite. Elle s’en va, puis revient. Avant d’entraîner une nouvelle fois Ferdinand dans une histoire louche autant que dangereuse…

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7.4 / 10
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Les avis sur Sens Critique
Yves Alion
Yves Alion
CHRONIQUEUR

Pierrot, qui en fait s’appelle Ferdinand vit dans un bel appartement bourgeois avec sa femme et son enfant. Sauf que l’argent ne l’intéresse pas : il voit dans le monde contemporain comme une décadence qui n’est pas sans évoquer celle de la cour d’Espagne dont Vélasquez a peint les grimaces. Il est invité à une soirée mondaine où brillent des gens en vue. Sauf que ceux-là le révulsent. Il fait un esclandre, retourne chez lui et embarque la baby sitter, qui s’appelle Marianne, vers un ailleurs plus riant. Sauf que leur parcours est semé de cadavres. Mais en même temps cela n’a pas beaucoup d’importance et ne change rien à leurs plans. Sauf que Marianne s’ennuie. Elle ne sait pas quoi faire. Qu’est-ce qu’elle peut faire ? 

Pierrot, qui en fait s’appelle Ferdinand, se plonge dans la lecture. Marianne s’en va, elle revient, elle repart. Il la cherche, etc. Et si tout cela n’avait aucune importance ? Et si Godard se moquait de ce qui arrive à ses personnages, jouant au chat et à la souris avec un public pour le moins décontenancé ? En réalité on peut tout dire de Godard, tout et son contraire. Le moins que l’on puisse penser est que l’on explore des terrains vierges et inconnus. Du moins l’étaient-ils en 1965, quand Pierrot le Fou a débarqué sans crier gare sur les écrans. Sans crier gare ?

Pas tout à fait, parce que Godard avait déjà offert quelques films mémorables, dont son tout premier, A bout de souffle, qui avait déjà pas mal secoué les habitudes. Collages, faux raccords, clins d’oeils, citations, une certaine désinvolture apparente : les canons d’une nouvelle grammaire cinématographique étaient en place. Profondément désespéré quant à l’état du monde et celui des sentiments amoureux, Pierrot le fou est un poème. Un poème étrange et ludique, dérangeant et sublime. Un poème où tout est permis, inclure un sketch de Raymond Devos, manifester contre la guerre du Vietnam, célébrer l’amour fou, militer pour le suicide, faire ressortie les deux S de Esso pour y trouver un SS caché, arpenter les plages, croiser Jean-Pierre Léaud au cinéma, louer la lecture, rencontrer Samuel Fuller… Un vrai inventaire à la Prévert. Sauf que Prévert était le chantre du cinéma de Papa, celui-là même dont Godard voulait la peau…

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