Bande Annonce de PREMIER DE CORDÉE (VERSION RESTAURÉE)Découvrez la bande Annonce de PREMIER DE CORDÉE (VERSION RESTAURÉE) sur FilmoTVhttp://
Louis Daquin
André Le GallIrène CordayJean DavyMarcel DelaîtreMaurice BaquetGeymond VitalLucien BlondeauYves Furet

PREMIER DE CORDÉE (VERSION RESTAURÉE)

96 mn

Note de SensCritique :

6.2 / 10
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Réalisateur : Louis Daquin.

Casting : André Le Gall, Irène Corday, Jean Davy, Marcel Delaître, Maurice Baquet, Geymond Vital, Lucien Blondeau. Yves Furet

Synopsis : Jean Servettaz, guide à Chamonix, veut éloigner son fils Pierre de la montagne, dont il craint les dangers. Mais Pierre n'aime que sa fiancée, Aline, et l'alpinisme. Au cours d'une ascension, il fait une grave chute. Rétabli, il tente une nouvelle escalade, mais s'aperçoit qu'il souffre du vertige...

Scénario : Jacqueline Jacoupy, Louis Daquin, Paul Leclerc.
Musique : Henri Sauguet.
Pays : France
Tags : Aventure / Action, Le salon de FilmoTV #30, Drame, SensCritique - Best of films à la montagne, Travail, Editions Originales, avec une relation père / fils, Montagne.

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Premier de cordée s’articule autour du destin de Pierre, un jeune Chamoniard dans les années 1920 qui rêve d’exercer la même profession que son père, guide de haute montagne. Mais ce dernier fait tout pour qu’il se tourne vers un métier moins dangereux et plus rémunérateur, ce que Jean, qui souffre de vertige, finit par accepter. Jusqu’au jour où les circonstances vont le pousser à revenir sur sa décision et écouter son cœur.

Avant d’être un film, Premier de cordée est un roman de Roger Frison-Roche, écrit pendant son séjour à Alger entre 1938 et 1940, qui paraît dans un premier temps sous forme de feuilleton dans La Dépêche Algérienne avant d’être édité en France en 1942. C’est le premier volet d’une trilogie qui se poursuit par La Grande crevasse et Retour à la montagne. Le film que Louis Daquin en tire se fait donc à chaud, quelques mois plus tard. Bien que non-crédité au générique, Frison-Roche est assistant technique. Et il le verra caché dans la cabine du projectionniste, car il avait entre-temps rejoint la Résistance. A Chamonix, Frison-Roche reste un mythe. C’est un pionnier du ski alpin, un aventurier insatiable, le premier non-originaire de la vallée à intégrer la Compagnie des guides de Chamonix.

Le film regroupe une belle brochette d’acteurs dont certains nous sont familiers. On reconnaît Maurice Baquet, qui semble parcourir la montagne comme un ludion monté sur ressort. Ou encore Jacques Dufilho, en éleveur de bovins. On aperçoit l’irremplaçable Louis Seigner, de la Comédie française, qui joue les médecins. Ou encore Jean-Marc Thibault, qui n’a alors que vingt ans. Mais le rôle principal est tenu par André Le Gall, qui remplace au pied levé Roger Pigaut, le futur Antoine d’Antoine et Antoinette, victime d’une mauvaise chute. C’est son troisième film, il fera une petite carrière jusqu’à la fin des années 1970, on le voit dans L’Albatros de Jean-Pierre Mocky.

Il n’est pas interdit de juger certaines scènes un peu maladroites, certains acteurs un rien limités et les trompettes du devoir accompli sans doute trop stridentes. Mais le film ne peut que réunir tout le monde sur un point : la beauté de ses images de montagne, signées par un grand directeur photo, Philippe Agostini. Il faut ajouter que le film s’est fait sans trucage et que le tournage a été particulièrement épique.  Huit guides de la vallée et quarante porteurs ont été recrutés pour acheminer à près de 4 000 mètres les huit tonnes de matériel nécessaire. Les acteurs n’ayant quant à eux été doublés qu'aux moments les plus périlleux, à l'exception de Maurice Baquet, qui était là comme un poisson dans l’eau. Six acteurs et techniciens ont néanmoins été transportés à l'hôpital avec une jambe ou un bras dans le plâtre. Comme pour Fitzcarraldo bien des années plus tard, l’aventure du tournage vaut à cet égard autant que celle des personnages du film. Un making of – même si le terme n’était pas encore employé -  signé Alain Pol, existe, retraçant l’odyssée du film. C’est d’autant plus remarquable qu’il y avait hors champ une autre caméra pour filmer ce reportage en train de se faire. Une véritable mise en abyme. Mais à la montagne, c’est la moindre des choses.

Premier de cordée est de toute évidence comme le mètre-étalon du film de montagne. Même s’il est loin d’être le premier du genre. Pour ne parler que de la région de Chamonix, on a retrouvé un film documentaire datant de 1907 qui témoigne d’une ascension du Mont Blanc. Et même si sur le plan purement spectaculaire on a depuis lors fait plus percutant. Notamment grâce aux effets spéciaux. Même quand le cinéma ne triche pas, il faut reconnaître que la miniaturisation des caméras, l’augmentation de leurs performances techniques, les facilités du numérique concourent à rendre les choses sinon faciles, du moins plus aisées que pour Premier de cordée qui date d’une époque où les caméras étaient lourdes et donc difficiles à transporter. Mais n’oublions pas que le film de Daquin s’est fait sous Vichy et que les films de montagne étaient pour les admirateurs du Maréchal une voie royale pour mettre en avant le courage, le sens de l'effort et l'esprit de solidarité des hommes. Un aspect du film qui n’a pas très bien vieilli.

Et pourtant, et cela peut prêter à sourire tant le paradoxe est criant, Louis Daquin, le réalisateur du film, était militant du Parti communiste et résistant. Ce diplômé d’HEC, ancien journaliste, ancien assistant de Jean Grémillon, a signé son premier film en 1941, le remarquable Nous les gosses. Il fera partie en 1944 du Comité de Libération du cinéma, deviendra secrétaire général du Syndicat des techniciens du film CGT et directeur des études de l'IDHEC. Sa filmo n’en est pas moins éclectique, où se côtoient des films engagés, comme Le Point du jour qui fait suite à une série de documentaires sur les luttes des mineurs, et des adaptations de romans, Bel-ami, Les Frères Bouquinquant ou Le Parfum de la dame en noir. Il est signataire d’une superbe adaptation de Simenon, Le Voyageur de la Toussaint, qui gagnerait à être remise sur le marché. Le film est devenu rare… Petite pirouette de l’Histoire pour finir : Louis Daquin était le père du militant trotskyste Michel Recanati dont Romain Goupil a tracé le portrait dans son Mourir à trente ans.

L'appel de la montagne

Bénéficiant de la présence de Roger Frison-Roche comme collaborateur technique et du réalisateur-alpiniste Georges Tairraz comme assistant opérateur, Premier de cordée a été tourné en décors naturels - ce qui lui donne sa force et sa véracité. Le film de Louis Daquin ...

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7
denizor
 
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