Rimbaud Verlaine
Bientôt disponible
Parce que Leonardo avait 20 ans et que c'était son 6ème film
Drame - Belgique | France - 110 MIN - Tous publics

Arthur Rimbaud, jeune poète de 17 ans, rejoint Paris et devient le protégé de Paul Verlaine, dont l’œuvre littéraire est de celles qui comptent. Verlaine est fasciné par l’intransigeance et la fougue du jeune homme. Il en tombe immédiatement amoureux, une relation passionnée se noue. Ce qui désespère Mathilde, la jeune femme que Verlaine a épousé il y a peu. Les deux amants vont se réfugier en Belgique puis en Angleterre, mais le couple se déchire. Jusqu’au jour où Verlaine fait feu sur Rimbaud et le blesse à la main. Il est condamné à deux ans de prison. Rimbaud quitte l’Europe pour l’Afrique. Verlaine, alcoolisé et déchu, ne l’oubliera jamais…

Réalisé par

6 / 10
1MNavant
2MNaprès
Les avis sur Sens Critique
Yves Alion

Yves Alion

CHRONIQUEUR

Le titre original, Total eclipse aurait facilement pu être traduit en français par Eclipse totale. Mais une fois n’est pas coutume, les distributeurs ont choisi de rebaptiser le film: Rimbaud Verlaine. Nous y perdons sans doute en poésie, mais nul ne songera à nier que nous savons ainsi d’entrée de jeu de quoi il s’agit. Rimbaud Verlaine est effectivement un film sur Arthur Rimbaud, sur Paul Verlaine et plus précisément sur leur relation amoureuse pour le moins compliquée et tumultueuse.

Mais reconnaissons-le, un titre astrologique semblait inapproprié pour ce qui est de rendre compte de la prestation de Leonardo di Caprio, qui occupe ici sous les traits de Rimbaud l’un de ses premiers premiers rôles au cinéma. Une prestation solaire dont la future star se tire à merveille. Une prestation pourtant assez nuancée, délicate entre toutes, tant il aurait été facile de verser en permanence dans le paroxysme.

Comme toujours, quand il s’agit d’une biographie filmée, la question fondamentale est de savoir quel est le degré de liberté que les auteurs se sont accordé par rapport à la réalité historique et s’ils ont cherché à respecter l’esprit plutôt que la lettre.  Concernant deux poètes majeurs, dont les noms restent gravés au panthéon de la poésie française et dont l’aura a largement dépassé les frontières de l’hexagone, il était même judicieux de se demander s’il fallait rester le plus factuel possible ou bien se laisser griser en allant dans une direction clairement poétique, voire sensorielle. Agnieszka Holland, qui signe le film, n’a pas coupé la poire en deux, et elle a manifestement opté pour une démarche grand public. Autant dire qu’elle n’a pas cherché à trouver des équivalents visuels au spleen et à la violence qui suintent des écrits de nos deux poètes. Sans doute leur conduite, hautement scandaleuse au regard des canons en cours à l’époque suffisait-elle à rendre compte du tumulte de leur relation en une période non moins troublée alors que le sang des Communards, pour qui les deux hommes avaient de la sympathie, n’était pas encore sec.

Tout ce que montre le film est historiquement avéré. Paul Verlaine était bel et bien marié, depuis peu il est vrai, quand Rimbaud a déboulé dans sa vie, tel un jeune chien fou dans un jeu de quilles. Mais les quilles étaient en bois et le bois vermoulu. Subjugué par l’arrogance et la passion dont Rimbaud faisait montre, Verlaine a immédiatement accepté de se défaire des habits de la respectabilité bourgeoise pour ceux de la marginalité. A coup sûr, en d’autres temps le jeune loup de Charleville aurait été punk et il aurait joui de renverser les idoles autoproclamées et à ses yeux méprisables. Nous ne dirons rien de l’allant que le plus jeune exerçait sur son aîné et des abîmes dans lesquelles celui-ci a dégringolé, sur le plan moral, social, affectif et même judiciaire. Tout cela appartient à l’Histoire. Mais si le film s’intéresse en priorité aux quelques années où les chemins des deux hommes se sont croisés, il nous est impossible d’oublier ce que nous savons de la fin de leur histoire. Celle de Rimbaud, poète aux semelles de vent, aventurier de l’absolu, amoureux transi de l’Afrique, génial Rastignac de la littérature qui finira sa vie comme trafiquant d’armes unijambiste. Celle de Verlaine, bourgeois déclassé qui noiera peu à peu sa peine dans l’absinthe en se remémorant ses années de feu.

Contexte

Leonardo Dicaprio

Agnieszka Holland

TITANIC

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