SALAM

Parce que le premier film de Souad El-Bouhati parlait d'immigrations mais aussi de problématique du retour
Drame - 1999 - France - 30 MIN - VF - HD - Tous publics

Ali, d’origine marocaine, a travaillé en France toute sa vie. Désormais à la retraite, il décide de rentrer au pays. Il considère qu’il n’a plus de raisons de rester en France, même s’il n’a pas non plus d’attaches au Maroc. Dans le foyer pour immigrés où vit Ali, sa décision n’est pas très bien accueillie : le vieil homme va quitter tous ceux qui l’aiment. Ali...

5.9 / 10
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Les avis surSens Critique
Stéphane Kahn
Stéphane Kahn
CHRONIQUEUR

Si Salam a tant marqué la fin des années 90, sans doute est-ce en partie pour le regard plein d’empathie qu’il portait sur un personnage peu montré au cinéma : l’ouvrier issu de la première vague d’immigration maghrébine. Car ce premier film de Souad El-Bouhati est aussi un film sur le travail, sur la communauté qui se crée au cœur d’un foyer de travailleurs, sur les liens qui se rompent, se distendent dès lors qu’est envisagée la perspective d’un retour tardif là où l’on est né.

Toute la singularité de Salam réside dans le fait que le film déplace les enjeux habituels (souvent liés à l’intégration) pour poser la question du retour. Dès lors qu’il arrête de travailler, Ali semble ne plus avoir sa place en France. Dès lors qu’il arrête de travailler se fait jour, pour lui, la nécessité de rentrer au Maroc. Ce départ envisagé est au cœur d’un film où tout semble être montré « pour la dernière fois », comme un rituel. Où il faudra dire adieu à son meilleur ami, qui, lui, a fondé une famille en France et n’imagine pas, sitôt la vieillesse arrivée, repartir.

C’est dans sa capacité à manier de front ces différentes questions, à filmer aussi bien la communauté que la solitude tenace de son personnage poussé au dehors, que Souad El-Bouhati imposa comme une évidence ce récit simple aux soubassements psychologiques tortueux.

 
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