SECTION SPECIALE

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Parce que Costa-Gavras y évite de montrer le Maréchal Pétain, pourtant omniprésent.
Politique / Histoire - 1975 - Allemagne|France|Italie - 110 MIN - VF - Tous publics
A Paris, en août 1941. Un militant communiste assassine un officier allemand dans une station de métro. Le soir même, à Vichy, le gouvernement accorde les pleins pouvoirs au ministre de l'Intérieur, Pucheu, qui brûle de faire voter une loi d'exception instaurant des tribunaux spéciaux...

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7.3 / 10
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Les avis surSens Critique
Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

Sixième long métrage de Costa-Gavras, Section spéciale, tourné en 1974, est son troisième travail d’écriture avec Jorge Semprun, après Z et L’Aveu. C’est un nouveau sujet politique mais contrairement aux deux titres cités qui étaient des fictions originales inspirés de faits réels, celui-ci s’attache à une description méticuleuse d’événements historiques, en l’occurrence l’attentat du métro parisien Barbès, en août 1941, au cours duquel un résistant communiste abat un soldat allemand. Les occupants réclament des représailles auprès du régime de Vichy. Le ministre de l’Intérieur Pucheu, soutenu par Pétain, fait adopter une loi qui crée des tribunaux d’exception, les sections spéciales, pour prononcer des peines capitales, sans aucune possibilité de recours. En outre, l’article 10 de cette loi, qui fut même antidatée, lui donne un effet rétroactif. La justice française doit agir avec diligence et condamner à mort immédiatement six prévenus choisis parmi les juifs et les communistes. 

Costa-Gavras se délecte d’abord avec une reconstitution acerbe de Vichy, épinglant la pusillanimité et la médiocrité de certains hauts fonctionnaires. Les notations sont parfois risibles, des poules affolées piaillant dans les couloirs d’un hôtel tandis que s’y tient un conseil des ministres. Le maréchal, dont on entend la voix chevrotante, n’est jamais filmé. La partie majeure du film est la parodie de justice expéditive que constitue la section spéciale. Le film montre alors des magistrats qui renoncent aux principes élémentaires de la justice française par carriérisme, par conviction ou par lâcheté. Costa-Gavras montre aussi le refus violent d’un président de cour de siéger à la section et comment cette mascarade finit par s’enrayer grâce à l’écœurement du magistrat René Linais. 

Comme les précédents films du réalisateur, sa démonstration repose sur une puissante direction d’acteurs, choisis avec un soin extrême, certaines vedettes acceptant même des rôles mineurs. Il convient de souligner plus particulièrement les prestations de Claude Piéplu, présidant la section spéciale avec un sens aveugle du devoir doublé d’un manque total de scrupules ; Jean Bouise jouant avec économie le conseiller Linais ; Michael Lonsdale, en zélé ministre collaborationniste ; et encore Bruno Crémer, incarnant Lucien Sampaix, le journaliste communiste de l’Humanité qui défie le tribunal et le ridiculise. Costa-Gavras obtint le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1975.

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