SUPERFLIC SE DÉCHAÎNE

À partir de 2.99 €
Pour que les jeunes générations sachent ce qu'était une télépirate (et aussi Paul Préboist)
Comédie - 2006 - France - 90 MIN - VF - Tous publics
A force de voir leurs projets refusés par la chaîne de TV locale, des jeunes se réunissent pour lancer leur propre télévision pirate avec des émissions iconoclastes, faisant participer le public. Le succès est immédiat. Le ministre de la communication charge l'agent spécial Harry Kossek de courser les pirates et de les empêcher d'émettre. Ceux-là vont sillonner la France jusqu'à Paris pour faire triompher leur conception bon enfant d'une télévision enfin respectueuse du public.

Réalisé par

3.9 / 10
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Christophe Bier
Christophe Bier
CHRONIQUEUR

En 1949, Ray Ventura et son orchestre, dans NOUS IRONS A PARIS, sillonnaient la France avec une radio clandestine et triomphaient jusqu’en Capitale. Sorti en 1983 sous le titre plus explicite de Y A-T-IL UN PIRATE SUR L’ANTENNE ?, SUPERFLIC SE DECHAINE reprend la trame de cette comédie musicale enlevée, mais les temps ont évolué. L’arrivée de la gauche au pouvoir, deux ans auparavant, voit l’effervescence des radios libres et l’émergence d’un phénomène nouveau : les télévisions pirates, enjeu scénaristique de cette satire débridée des scléroses du milieu audiovisuel.

Puisque leurs projets sont volés ou refusés par une télé locale de la Côte d’Azur, six jeunes gens s’associent pour pirater les canaux et créer leur propre chaîne, Canal Soleil. La comédie s’appuie sur un conflit de générations, opposant les méthodes navrantes d’une télévision archaïque, adepte du droit de cuissage, de la hiérarchie et de la crétinerie à l’ambiance joyeuse et potache d’une bande de teenagers généreux et bourrés d’idées parodiques.

Le film est construit sur cette opposition, passant de l’esprit de groupe des comédies de jeunes définies par Michel Lang ou Max Pécas au cabotinage individualiste de la vieille garde des seconds rôles. Dans ce combat, en dépit du dénouement prévisible qui célèbre la victoire de Radio Soleil, malgré la fraicheur de débutants comme Eric Métayer, le fils d’Alex, et le minois charmant de Charlotte Kady, présentatrice de Récré A2, ce sont bien les roublards du rire, les vieux briscards du gag éculé, tous du côté de la répression, qui emportent l’adhésion du spectateur et déclenchent nos zygomatiques. En tête de ce cortège baroque : Paul Préboist en inspecteur Kossek, Harry Kossek évidemment. Dans la grande tradition du cinéma comique français à petit budget, Préboist ose tout, de la scène de placard libidinale avec une femme de ministre nympho jusqu’à la parodie explosive de MISSION IMPOSSIBLE. Traquant les pirates dans un camion de la Seconde guerre mondiale, multipliant les jeux de mots foireux et les déguisements et imitant – ce fut l’une de ses spécialités au cabaret – le mérou, Préboist, grandiose clown aux yeux tombants, offre de l’ordre conservateur une image, comment dire… voluptueusement calamiteuse.

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