Bande Annonce de The Boy FriendDécouvrez la bande Annonce de The Boy Friend sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/3894/fond/3894_w_500.jpg
Ken Russell
Christopher GableMax AdrianMurray MelvinTommy TuneTwiggy LawsonBryan PringleGeorgina HaleMoyra Fraser

The Boy Friend

110 mn
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Réalisateur : Ken Russell.

Casting : Christopher Gable, Max Adrian, Murray Melvin, Tommy Tune, Twiggy Lawson, Bryan Pringle, Georgina Hale. Moyra Fraser

Synopsis : Dans les années 20, une comédienne de revue est victime d’un accident. Elle est remplacée par une timide assistante de régie, Polly. Les comédiens font ce qu’ils peuvent pour lui faciliter la tâche. Un réalisateur célèbre venu d’Hollywood assiste à l’une des représentations. Chacun essaye de se mettre en valeur. Mais l’homme n’a d’yeux que pour Polly. Il lui propose de l’engager dans un film. La jeune femme refuse, pour ne pas s’éloigner de l’homme qu’elle aime.

Scénario : Ken Russell.
Musique : Peter Maxwell Davies.
Pays : Etats-Unis | Grande-Bretagne
Tags : Danse.

à partir de

7.99
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Quelle que soit l’étendue de son talent, son goût pour la provocation, son inclination pour le baroque et l’inventivité de sa mise en scène, Ken Russell est peut-être critique d’art avant d’être cinéaste. N’a-t-il pas réalisé force documentaires sur les artistes qu’il admirait ? Une bonne part de ses films les plus marquants ne sont-ils pas des biopics, iconoclastes mais admiratifs, de Tchaïkovsky, de Mahler ou encore d’Henri Gaudier-Brzeska, flamboyant sculpteur français dont il brosse le portrait dans Le Messie sauvage ?

D’ailleurs sa passion pour la musique n’est plus à prouver. Ce n’est pas par hasard si les Who sont venus le chercher pour porter au cinéma leur opéra rock, Tommy, une fable parfois grandiloquente que le cinéaste a rendu plus folle encore. The Boy friend appartient à la même veine, mais si la forme est éblouissante, le cinéaste semble presque sage pour ce qui est du propos. Il est vrai qu’après Les Diables, il ne pouvait guère aller plus loin sans prendre le risque de provoquer des infarctus chez les spectateurs sensibles.

Adapté d’une comédie musicale, The Boy friend est avant tout un très joli exercice de style, un hommage à la scène musicale des années 20, plein de charme et de fantaisie. Avec quelques clins d’œil à Hollywood et à ses comédies musicales, ou encore au Sheikh, rôle où triompha Rudolph Valentino dans les années folles. Valentino, à qui Ken Russell consacrera un biopic quelques années plus tard. Mais si The Boy friend est né sous de bons auspices, sous l’œil débordant d’affection de son créateur, le film n’a pas connu le succès. Sans doute les fans du cinéaste étaient-ils surpris de le voir changer de registre, du moins en apparence. Mais les distributeurs n’ont guère aidé le film non plus. La MGM l’a même amputé pour sa sortie en salles, réduisant à 109 minutes un film qui en faisait 136.  

The Boy friend est au départ une comédie musicale de Sandy Wilson, créée à Londres en 1954. Un triomphe, puisqu’il n’y aura pas moins de 2082 représentations. Sandy Wilson tentera de doubler la mise en écrivant une suite, située quant à elle dans les années 30. Mais il n’y aura que 91 représentations… The Boy friend traversera naturellement l’Atlantique, pour triompher à Broadway (mais dans des proportions plus raisonnables qu’à Londres). On notera que la comédie musicale permet à une débutante de faire ses preuves, elle se nomme Julie Andrews et ne ressemble pas encore à Mary Poppins. La star a quand même dû être marquée par le rôle, puisqu’elle signera sa première mise en scène au théâtre, en 2003, en montant The Boy friend.

Mais plus que Julie Andrews, The Boy friend évoque pour nous le doux minois de Twiggy. On ne s’en rend peut-être pas compte aujourd’hui, mais Twiggy, qui avait alors 22 ans et faisait ses débuts au cinéma, était alors une star immense. Car c’était LA top model du Swinging London, l’incarnation d’un vent de liberté comme on en a peu connu. Personne mieux que Twiggy n’a porté la minijupe, créée par Mary Quant, qui n’allait pas tarder à faire le tour du monde. Twiggy n’était pas grande, 1m 68, elle a lancé la mode des petits gabarits, à la limite de l’anorexie. Avec en sus un visage d’ange, androgyne en diable, avec des cheveux courts. Elle a assez vite laissé tomber le mannequinat pour une carrière de comédienne. Quelques apparition au cinéma, comme pour Madame Sousatzka, mais guère plus. Plutôt des films télé et des feuilletons.

Rendons grâce en tous cas à Ken Russell de l’avoir filmée avec autant d’amour. Car il nous avait davantage habitués à être plus grinçant, voire grimaçant dans ses films antérieurs. En fait The Boy friend se place au cœur d’une décennie miraculeuse pour le cinéaste, qui marque le cinéma anglais, et même mondial d’une patte inimitable. Le grand public l’avait découvert avec Love, vibrante adaptation d’un roman de D.H. Lawrence, fabuleuse ode à l’amour. Chacun de ses films suivants allant plus loin encore dans la démesure, notre homme est devenu en quelques années seulement un maître du baroque dont l’univers onirique n’avait rien à envier à celui d’un Fellini. Avant de revenir dans les années 80 à des films plus classiques, sans doute moins personnels, évidemment moins ambitieux.

 
le contexte
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