TOUT DOIT DISPARAÎTRE

Parce qu'ancré dans le monde du travail, le film de Jean-Marc Moutout annonçait ses futurs longs
Drame - 1996 - France - 14 MIN - VF - HD - Tous publics
Théo, un jeune chômeur se rend dans une agence d’intérim pour faire du déménagement. Il est envoyé en banlieue parisienne avec Jean-Pierre pour vider un appartement. Arrivés sur place, les deux déménageurs rencontrent la police et une huissière : ils sont là pour effectuer une expulsion locative et prendre les meubles d’une famille pauvre qui sera mise à la rue.
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Stéphane Kahn
Stéphane Kahn
CHRONIQUEUR

Portant un regard documenté sur les travailleurs précaires et sur le phénomène des expulsions, Tout doit disparaître, premier film de Jean-Marc Moutout, annonçait les trois longs métrages qui suivirent, tous ancrés dans le monde du travail. De Violence des échanges en milieu tempéré à De bon matin, Moutout s’est en effet fait l’observateur rigoureux et critique de la manière dont l’individu – qu’il soit cadre ou simple salarié – est le jouet de l’entreprise. Comment il se construit par rapport à elle, comme elle peut – aussi – après lui avoir tout offert, le rejeter et le nier.

Dans ce premier film, Moutout ne rentrait pas encore à l’intérieur de l’entreprise, ne passait pas encore « de l’autre côté », restant à la marge du système, à la hauteur de ceux, intérimaires, qui, pour travailler, devaient renier leurs idéaux et s’en prendre même, à contrecœur, à leurs semblables, voire à plus pauvres et plus précaires qu’eux.

Si le constat était implacable, la grande qualité de Tout doit disparaître, Grand Prix Clermontois en 1997, résidait bien dans la froide objectivité avec laquelle le jeune réalisateur décrivait tout cela. Sans pathos, sans effets superflus, avec une sobriété qui rend le film toujours aussi actuel, évidemment.

 
Dans le même genre vous pouvez trouver THE MASS OF MEN (Parce que ce court métrage se déroule dans une agence pour l'emploi. La violence sociale s'y transforme en violence physique. Un drame glaçant.) ou encore SORRY WE MISSED YOU (Parce que Ken Loach dénonce le travail précaire et l'exploitation des plus pauvres avec son sens habituel du drame social et de l'engagement.).

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