TROIS DANS UN SOUS-SOL

1927
73 mn
À la carte à partir de 2.99 € | -50% pour les abonnés

1927
73 mn
Parce qu'une fois encore, la comédie sociale peut faire sourire (ou pas) quand elle se déroule dans le Moscou de la fin des années 20

3 rue de la Tretia Mechtatchanskaia à Moscou, au sous-sol : Nikolai vit avec sa femme Liouda. Il travaille au Théâtre Bolchoi, elle est femme au foyer. Quand Nikolai retrouve son ami Volodia avec qui il combattu dans l’Armée rouge et qui est désormais typographe, il décide d’héberger celui-ci.  Volodia va profondément bouleverser la vie du couple, surtout quand Nikolai se voit...

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Comédie
Russie
Tous publics
VO

1 min avant
2 min après
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A la différence d’autres metteurs en scène soviétiques de sa génération, Abram Room s’est révélé assez tard, ce qui l’a conduit à bénéficier d’une réputation moindre que par exemple Eisenstein, Poudovkine ou même Protazanov, le réalisateur d’Aelita, un film pourtant moins réussi que Trois dans un sous sol. Tourné en 1927, ce dernier demeure pourtant la réalisation la plus célèbre d’Abram Room à ce jour. Il constitue une sorte d’étude d’apparence légère sur la vie d’un couple soviétique, une existence harmonieuse jusqu’à ce que l’irruption d’un troisième  personnage bouleverse la vie du couple. Le film change et le spectateur réalise alors que la figure de la femme se situe bien au centre de l’intrigue.

Trois dans un sous-sol reflète en effet un féminisme que l’on ne connaissait guère dans le cinéma soviétique, un cinéma globalement assez misogyne qui portraiture fréquemment la femme de manière caricaturale. Trois dans un sous sol se situe à l’opposé d’une telle idéologie. Il étudie les préoccupations de couple, traitant même de la sexualité, un sujet alors inconnu dans le cinéma soviétique et cantonné au rayonnage des interdits. Trois dans un sous sol témoigne d’une sensibilité et une attention à la sensualité qui n’apparaît pas fréquemment dans le cinéma soviétique de l’époque.

On peut aussi voir dans le film un véritable documentaire sur le quotidien d’une époque et sur un Moscou disparu, celui des maisons en bois, des veilles ruelles, des églises qui tombent en ruine, un aéroport, un cinéma, autant d’éléments de décors qui restituent une vie  et une autre époque. Mosfilm, la société de production du film, proclamera que René Clair se serait inspiré de Trois dans un sous sol pour réaliser Sous les Toits de Paris.

Né en 1894 et mort en 1976, Abram Room a connu  une carrière marquée  par la contrainte. Passionné par la technique (on lui devra le premier programme de courts métrages soviétiques sonores), il a rarement pu s’exprimer comme il le souhaitait. Il a été une victime du Stalinisme, puis l’ère Brejnev l’a oublié. L’a-t-il été pour des raisons idéologiques ou tout simplement parce que sa sensibilité ne s’accordait pas avec le cinéma de son pays, que ce soit dans les années 20 ou dans les années 30 ? Quoi qu’il en soit, et indépendamment de l’approche, Trois dans un sous sol demeure un film vraiment inclassable.

 
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