Bande Annonce de UN CHIEN ANDALOUDécouvrez la bande Annonce de UN CHIEN ANDALOU sur FilmoTVhttp:////content.filmotv.fr/elts/programmes/6139/fond/6139_w_500.jpg
Luis Bñuel
Pierre BatcheffSimone MareuilLuis BñuelFano MessanJaume MiravitlesRobert Hommet

UN CHIEN ANDALOU

15 mn

Note de SensCritique :

/ 10
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Réalisateur : Luis Bñuel.

Casting : Pierre Batcheff, Simone Mareuil, Luis Bñuel, Fano Messan, Jaume Miravitles. Robert Hommet

Synopsis : Un homme aiguise un rasoir ; un nuage passe devant la lune ; le rasoir coupe l’œil d’une jeune fille ; Une rue déserte ; un cycliste porte une boîte rayée ; une jeune femme lit dans une chambre ; le cycliste tombe ; la jeune femme le rejoint et l’embrasse ; le cycliste monte dans la chambre ; il regarde sa main qui grouille de fourmis...

Scénario : Luis Bñuel, Salvador Dali.
Pays : France
Tags : Fantastique / Horreur, Des couples hors normes, Bref, Les étonnants, Piano Piano, Films surréalistes, Les films à voir avant de mourir par Mad Movies.

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9.99
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En 1929 – l’année du Chien andalou –, Luis Bunuel a 29 ans. Quatre ans plus tôt, il a quitté Madrid pour Paris, où une bienheureuse dévaluation du franc lui permet de vivre confortablement, avec l’argent que lui adresse régulièrement sa maman. Il va au cinéma plusieurs fois par jour, et découvre les Trois lumières, un film de Fritz Lang qui va le décider à faire du cinéma.  

Sans relation dans ce milieu qu’il veut intégrer, il s’inscrit au cours d’art dramatique que vient de créer le cinéaste d’origine russe Jean Epstein, pour lequel, petit à petit et bénévolement, il va devenir assistant, comédien et même cascadeur ! Il travaillera, également, sur le Carmen de Jacques Feyder et sur la Sirène des tropiques, une comédie sentimentale menée par la jeune Joséphine Baker.

Décidé à devenir réalisateur, il vient passer quelques jours à Figueras, chez son ami Salvador Dali (25 ans). Evoquant leurs rêves nocturnes respectifs – une lame de rasoir fendant un œil pour Bunuel ; une main pleine de fourmis pour Dali –, les deux hommes décident d’en tirer un scénario ! C’est ainsi qu’en moins d’une semaine fut imaginé Un Chien andalou, dont l’aspect insolite et provocateur poussa Bunuel à préférer au système de production habituel, sa propre maman qui, grâce lui soit rendue, accepta de financer la première extravagance cinématographique de son cher fiston !

Dans Mon dernier soupir, le livre de souvenirs qu’il écrivit avec la complicité de son ami Jean-Claude Carrière, Luis Bunuel raconte que le scénario du Chien andalou fut écrit selon une règle toute simple, je cite : « N’accepter aucune idée, aucune image qui pût donner lieu à une explication rationnelle, psychologique ou culturelle. » Une fois le scénario achevé, il prit contact avec les deux comédiens principaux : Pierre Batcheff – avec deux « f », bien qu’il n’y en n’ait qu’un au générique –, un acteur dont il avait fait la connaissance pendant le tournage du film avec Joséphine Baker et qui se suicidera trois années plus tard, à l’âge de 24 ans, ainsi que Simone Mareuil – avec un seul « n » à Simone, bien qu’il y en ait deux au générique ! –, une actrice déjà vue dans une dizaine de films et qui, elle aussi, se suicidera, 25 années plus tard, à l’âge de 51 ans, en s’immolant par le feu.

C’est dans les studios de Boulogne-Billancourt que fut tourné Un Chien andalou, en une quinzaine de jours. La dernière séquence, elle, fut tournée au Havre. L’équipe était très réduite, cinq à six personnes maximum, dont le directeur de la photographie, Albert Duverger, que Bunuel avait rencontré alors qu’il était assistant de Jean Epstein. Dali n’assista qu’aux trois ou quatre derniers jours de tournage et en profita pour jouer l’un des deux religieux traînés avec les pianos et les ânes morts. Malheureusement, ce n’est pas cette prise qui fut conservée dans le montage définitif, « Je ne sais plus pour quelle raison », avoua plus tard Bunuel.

Une première projection publique eut lieu au Studio des Ursulines, devant ce que le cinéaste appellera « la fine fleur de Paris » : Picasso, Le Corbusier, Cocteau, Christian Bérard, Georges Auric, j’en passe et des meilleurs. Alors que les lumières s’éteignent et que la projection commence, il faut imaginer Luis Bunuel, submergé par le trac, caché derrière l’écran, les poches pleines de cailloux. En cas d’échec, il avait, en effet, résolu de défendre son œuvre en jetant des cailloux sur les spectateurs ! Il faut dire, comme l’écrira plus tard Ado Kyrou dans son fameux livre consacré au surréalisme à l’écran, qu’Un Chien andalou fut « le premier film de l’histoire du cinéma [...] réalisé pour que le spectateur moyen ne puisse pas supporter sa vision ». « Mes cailloux ne furent pas nécessaires, écrira Bunuel. A la fin du film, derrière l’écran, j’entendis des applaudissements prolongés et je me débarrassai discrètement, sur le plancher, de mes projectiles. »

 

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