UN PROPHÈTE

2009
149 mn
À la carte à partir de 2.99 € | -50% pour les abonnés

2009
149 mn
Parce que certains ont eu tort de passer l’année dernière sur une île déserte, qu’ils ne savent pas que le film de Jacques Audiard a raflé une brouette de César et l’admiration des spectateurs. Surtout parce qu’ils loupé un des moments de cinéma les plus marquants de ces dernières années.
A 19 ans, Malik El Djebena entre en prison pour une peine de six ans. Il ne connaît rien à cet univers, dont il va apprendre les règles en côtoyant deux "clans" de prisonniers : les Arabes et les Corses. Le "parrain" de ces derniers va l'initier aux codes de la prison, mais aussi aux arcanes du milieu criminel. Malik utilise ses enseignements pour devenir un puissant caïd.
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Policier / Suspense
France
- 12 ans
VF - HD

1 min avant
2 min après
Les avis sens critique
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Chez Jacques Audiard, c’est souvent par la fin qu’il faut commencer. Celle d’Un prophète a pour bande originale une reprise de "Mack the knife", le tube de L’opéra de quat’sous, le classique de Brecht et Weil. En 1928, le dramaturge et le compositeur racontaient une guerre des gangs dans un quartier popu de Londres entre un roi des mendiants et un criminel en pleine ascension. En 2009, Audiard raconte un autre théâtre des opérations, une autre cour des miracles, mais pas forcément éloignée de celle de Brecht. Celle d’une prison où se croisent les destins d’un parrain Corse et d’un jeune Arabe qui vient d’en prendre pour six ans. Le premier devient le larbin du second. D’abord pour survivre en milieu carcéral, ensuite pour apprendre à devenir caïd à la place du caïd.

Le principe de la transmission de pouvoirs entre générations n’est pas nouveau chez Audiard. Ses films, de Regarde les hommes tomber à De battre mon cœur s’est arrêté ne parlent finalement que de ça. Ils parlent aussi de gens qui vivent en monde clos, doivent entrer en contact avec le monde extérieur, en appréhender les usages pour comprendre qui ils sont. De sa cellule, Malik s’affranchit de tout : l’analphabétisme, l’idéalisme… De sa caméra, Audiard cantine des rations de romanesque, de social et de politique qu’il distribue en quantités de plus en plus importantes. La prison comme école de vie ? L’extérieur comme un territoire de corruption généralisé ? De quoi revenir à Brecht, dont Audiard emprunte lors de passages surprenants de poésie ou de fantastique, la distanciation, nécessaire pour décrire la réalité du monde actuel, comme une énorme et cruelle mascarade ou le seul moyen de s’en sortir est de retrouver son innocence.

L’opéra de quat’sous était issu d’une autre œuvre, L’opéra des gueux. Dans une certaine mesure, Un prophète et son héros arabe, chose qui paraissait impensable dans un cinéma français qui persiste à laver trop blanc, offre, avec un film aux airs de chanson de geste,  une noblesse, même si elle est de voyoucratie, aux gueux contemporains.

 
Dans le même genre vous pouvez trouver LE TROU ou encore LES PRINCES DE LA VILLE .

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